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Chevalier de France

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Chevalier de France
Chevalier de France

Insigne scouts de France

Scouts de France.

Chevalier de France est une ancienne dignité des Scouts de France.

Origines

En Angleterre

Dès les débuts du scoutisme, Baden-Powell s’est aperçu qu’après la première classe il convenait de créer une nouvelle étape de progression afin de retenir à la troupe ceux qui, passés quinze ans et n’ayant pas toujours la responsabilité d’une patrouille, commençaient à s’y ennuyer et aussi afin d’exploiter au maximum les potentialités éducatives du système des insignes de spécialités. C’est pourquoi, après en avoir discuté avec le roi Édouard VII, il créa la dignité de scout du Roi (King’s scout). On retrouve également le cérémonial d'adoubement, mais pour l'Investiture du Scout-Routier anglais catholique (1933).

En France

B.P avait intitulé son 7e chapitre d’Éclaireurs :"L'esprit de chevalerie". C'est à plusieurs reprises que le thème du scout et de la chevalerie est abordé dans le livre. Saint Georges, patron des chevaliers, est également patron du scoutisme.

Le thème de la chevalerie fut très tôt importé en France tant par les Éclaireurs de France qu'ensuite par les Scouts de France, le scoutisme fut considéré par ces mouvements comme une « nouvelle chevalerie ». Ainsi les manuels officiels de progression des EDF qui présentaient le Chevalier-Eclaireur.

À leur création les scouts de France, influencés sans nul doute par le Père Sevin, lui-même angliciste et fin connaisseur du scoutisme britannique, choisirent de coller au programme des scouts d’outre-Manche. La France étant une république, il était impensable de créer des scouts du Roi, ni même des scouts de la Couronne comme en Belgique. D'autre part, le système existant dans certaines unités des Éclaireurs de France fleurait trop l’indianisme, considéré comme une forme de paganisme : les éclaireurs recevaient les titres de Sagamore ou Sachem. Enfin, les initiations des Éclaireurs Unionistes (voir Initiation (EUF) pouvant rappeler les loges maçonniques ne pouvaient être retenues[réf. nécessaire]. C’est pourquoi la chevalerie, déja retenue par B.P, fut choisie comme étant plus conforme à ce qu’on appelait alors le génie de la race, et plus acceptable pour la hiérarchie catholique; c’est pour ces raisons qu'il fut décidé d’adopter la dignité de Chevalier de France.

L'univers de la chevalerie constitua donc l'imaginaire principal des SDF et une partie des EDF au moins pour la branche éclaireurs avant la Seconde Guerre mondiale. Il existait avant guerre une dignité équivalente chez les Guides de France s'appelant les Escoutes de Jehanne d'Arc.

Obtention de la dignité

Les principes, statuts, règlement intérieur dans leur seconde édition, qui date de 1923, nous informent que pour être admis à cette dignité, il fallait :

  • être scout de première classe;
  • avoir au moins deux années de service depuis la promesse;
  • posséder obligatoirement les brevets de secouriste et de guide, ceux de catéchiste ou d’évangéliste ou bien de conférencier;
  • posséder trois autres brevets choisis parmi ceux de campeur, interprète, pompier, sauveteur, signaleur ou tireur, ou bien avoir reçu la croix de bravoure.

Le candidat était élu par un vote secret des chefs de patrouille et des scouts de première classe, à défaut par ceux de seconde classe. L’aumônier, le scoutmestre et le(s) assistant(s) pouvaient également participer. Le candidat ne pouvait être promu que s’il remportait la majorité des votes des scouts. L’insigne, qui consistait en un casque héraldique de chevalier brodé en soie jaune sur fond vert, surmontant l’insigne de première classe et le diplôme, était remis par le commissaire de district sur proposition des autorités de la troupe après communication du dossier. On procédait alors à une cérémonie d’adoubement très colorée décrite en détail dans le Cérémonial. Pour conserver ce titre envié, il devait être procédé chaque année à des examens techniques. Une cordelière spéciale existait également.

Le 1er Chevalier de France chez les Scouts de France est Paul Dubus ASM 3e Paris en 1922.

Évolution de la dignité

Routier Chevalier

Le Cérémonial de 1929 mentionne l’existence d’un insigne de Routier Chevalier : casque de chevalier brodé en jaune d’or sur fond rouge foncé, alors qu’auparavant l’insigne aurait été brodé en fil d’or. Lors de l’adoption par le Scoutisme Français de la Charte de l’Oradou, qui visait entre autres à unifier les pratiques pédagogiques au sein des diverses associations membres de la fédération, on choisit alors de remplacer la dignité de Chevalier dans la branche éclaireurs par celle d’Écuyer de France qui apparut dans les publications en 1941 (cf. cérémonial de la Réception d'un écuyer de France SDF).

La branche Route continua pendant cette période à porter un insigne de Chevalier pour ceux qui avaient été adoubés. L’insigne lui aussi sur un pentagone sur fond grenat tissé en fil or et argent représente un casque héraldique de chevalier.

Les premiers insignes de Chevalier durent être brodés à la main en petite quantité par des religieuses, nous en connaissons plusieurs variantes dont celle portée par Paul Coze sur sa chemise. À partir des années 1930, on constate une certaine unité de forme, les insignes étant alors brodés de manière industrielle et vendus par le magasin La Hutte.

Les scouts marins

Il était également prévu un insigne spécial pour les scouts marins consistant en une couronne navale brodée en or, outre les badges d’acolyte, d’évangéliste, de secouriste-scout et de campeur deux autres choisis parmi celles de gabier, garde-côte, hygiéniste, marinier, sauveteur et de timonier, la badge de patron remplaçant ces deux autres badges. Cet insigne fut décerné jusqu’au début des années 1940.

Unification des pratiques

Lors de l’adoption par le Scoutisme Français de la Charte de l’Oradou en 1941, voici les indications données par le Règlement général de ces années d’occupation. Il fallait ainsi chez les scouts de France :

  • être scout de première classe;
  • posséder les brevets d’acolyte, d’évangéliste, de campeur, de guide, de secouriste-scout et de pionnier;
  • posséder deux autres brevets parmi ceux de : mains habiles, sauveteur, pompier, un de la série nature, observateur, cartographe, coureur-messager, gymnaste ou agent de liaison.

On procédait à un vote secret des membres de la Cour d’Honneur et des éclaireurs de première classe ainsi que des Écuyers déjà adoubés, et il fallait remporter les trois quarts des suffrages. L’insigne qui consistait en une molette d’éperon en étoile en fil d’argent inscrite dans un pentagone régulier vert brodé d’argent était remis par le Commissaire de Province, ou par son délégué, sur la proposition du Commissaire de District lors de la cérémonie de Réception. En fait, il semble bien que ce fut le Commissaire de District qui procédait à la cérémonie ainsi que l’indique le Cérémonial.

Cette distinction perdura chez les scouts de France jusque vers 1948-49 époque à laquelle le lancement de la proposition Raiders rendit caduque cette étape de progression. Les Éclaireurs de France qui avaient eux aussi choisi d’adopter cette dignité en remplacement de leur Chevalier-Éclaireur la remplacèrent au début des années 1950 par celle de Pilote.

Nota bene

  • Vers 1920, il a existé aussi une association scoute appelée Chevaliers de France, créée par Jean Loiseau, mais qui n'a pas duré.
  • Un premier essai de cérémonial de Réception d'un Chevalier de France est paru "à titre documentaire" en juillet 1924 dans Le Chef n°4, selon l'expérience inaugurée par la 12e Paris le jour de la St Georges.
  • Pendant la Seconde Guerre mondiale, un clan de routiers militaires d'Afrique du Nord décida de son propre chef d’attribuer la distinction scoute de Chevalier de France à ceux qui en reviendraient blessés ou à titre posthume pour les routiers ayant offert leur vie ("morts pour la France"). De fait, sur les images mortuaires, on trouve souvent mention de ce titre de Chevalier de France (ou écuyer de France comme Amédée Para), voir aussi la prière de l'adoubement "à Mgr Saint Louis" (par exemple pour Renaud Sarton du Jonchay, du commando Montfort).

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