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Veille de feu

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Le feu dans la nuit, invitation à la méditation.

La veille de feu, ou veille de nuit, est une activité scoute qui consiste, pour un groupe limité de jeunes, à se relayer en petits groupes ou chacun à son tour pendant tout ou partie de la nuit auprès du feu, pour surveiller le camp et méditer en profitant de la beauté paisible de la nuit.

Selon les habitudes des unités, la veille de nuit peut être réservée à une nuit particulière, ou faire l'objet d'un roulement tout au long du camp pour que tout le monde en profite.

Aspects pratiques

La veille peut avoir simplement le but de surveiller l'extinction du feu de camp mais ce peut être une activité spécifique.

La veille peut s'effectuer soit pendant toute une nuit, soit pendant une partie de la nuit seulement. On peut désigner une patrouille de veille, plusieurs jeunes dans l'ensemble de l'unité, ou laisser le choix à des volontaires (option dangereuse dans certains cas). Les jeunes désignés se relaieront alors, soit par un petit groupe, soit individuellement (selon leur âge et leur habitude), pour veiller un certain temps auprès du feu.

La durée de chaque tour de veille doit être fixée à l'avance, dans tous les cas, aucun jeune ne devrait rester éveillé plus d'une heure et demie. Les tours les plus longs peuvent être placés en début et en fin de nuit ; les heures les plus difficiles (1 à 4 heures du matin) sont à réserver aux plus âgés, sur des tranches plus courtes (pas plus d'une heure).

Les chefs ou responsables doivent prendre soin de fixer un cadre bien défini à la veille, en établissant par écrit un planning avec les horaires des veilles de chacun, qui sera consultable par les jeunes en cours d'activité. Il est aussi absolument nécessaire de laisser des consignes précises par écrit, notamment sur la personne à réveiller en cas de problème ; mais également sur l'emplacement de la réserve de bois et la taille maximale du feu.

Si les chefs peuvent bien sur assurer des veilles de nuits de leur côté, leur présence n'est pas souhaitable lors des veilles des jeunes. Ils doivent par contre rester prêts à intervenir en cas de problème ou d'appel, et donc rester accessibles.

La veille est à proscrire pour les plus jeunes (jusqu'à 12 ans au moins), qui ont plus besoin de sommeil que les autres et ne disposent pas des capacités psychologiques nécessaires.

Symboliquement, on peut préparer le lait chaud ou l'eau chaude du petit déjeuner qui suit la veille de feu sur le feu entretenu toute la nuit.

Matériel à prévoir

Le matériel de base, qui doit être disponible sur le lieu de la veille avant le début de la nuit, comprend :

  • un bidon d'eau pour assurer la sécurité du feu,
  • une montre pour surveiller l'heure,
  • une lampe de poche,
  • de quoi écrire (cahier de veille), pour que les jeunes notent leurs observations, impressions, et éventuellement leurs méditations.
  • une réserve de bois suffisante pour toute la nuit
  • un panneau qui précise qui on doit réveiller pour nous remplacer

On peut y ajouter :

  • une couverture ou cape, pour se protéger du froid
  • une totoche ou un sifflet, pour sonner l'alerte en cas de besoin (incendie, agression extérieure …) voir pour sonner le réveil au matin
  • une lampe à pétrole, plus discrète et inhabituelle que la lampe de poche, pour les tours de campement
  • un bâton de veilleur, qui peut être décoré
  • quelques provisions pour rendre la veille de feu conviviale

Le cahier de veille

Le cahier de veille est le support de la veille, celui qui gardera les traces des moments vécus par les veilleurs et de tout ce qui s'est passé pendant la nuit. Selon les habitudes, la volonté des responsables et celle des jeunes, on pourra y trouver :

  • Des comptes-rendus des évènements marquants de la veille, et notamment des tours du campement qui peuvent être effectués par le veilleur pour voir si tout va bien dans le camp. Il peut également servir à signaler les diverses péripéties de la veille, les cris d'animaux entendus, etc.
  • Une méditation, par chacun des veilleurs, sur un sujet défini préalablement par les responsables. Celui-ci peut être soit identique pour tous les veilleurs, soit propre à chacun. On peut méditer sur des articles de la loi scoute, tout ou partie du texte de la promesse, une citation d'un des fondateurs du scoutisme ou d'une personnalité marquante, ou sur une phrase porteuse de sens ; pour les croyants, sur un extrait de la Bible ou un autre texte religieux.
    Les jeunes peuvent être invités (ou doivent) écrire le résultat de leur méditation dans le cahier ; il est ensuite possible d'utiliser certaines réflexions lors des temps spirituels des jours suivants, ou de lire un extrait marquant d'une des méditations au début de chaque journée en la donnant à réfléchir aux jeunes. Dans ces cas-là, on ne citera pas le nom de l'auteur. Il est aussi possible de proposer aux jeunes de discuter de leur méditation avec un responsable, ou un aumônier chez les croyants.
  • Des dessins, poèmes, ou autres créations artistiques inspirées par la nuit aux veilleurs. Ceux-ci peuvent être suggérés ou non, mais ils ne doivent de préférence pas être obligatoires, ce qui nuirait à la spontanéité de la création.

Il est possible, et même souhaitable, de décorer le cahier de veille en fonction de l'imaginaire du camp, de l'année, des traditions de la troupe, ou de l'endroit où l'on campe.

Les tours de campement

Le tour de veille peut prendre une perspective plus sérieuse s'il se double d'un aspect utilitaire : la surveillance du campement et du sommeil des autres. Les veilleurs devront alors effectuer un tour du campement, en passant à proximité des divers coins de patrouille (mais pas à l'intérieur, pour ne pas troubler le sommeil des autres), afin de vérifier que tout se passe bien. Notamment, ils pourront avoir pour tâche de vérifier l'état des feux, qui doivent être éteints, et éventuellement mettre à l'abri les réserves de bois ou les divers objets qui en auraient besoin en cas de pluie.

Au retour de leur tour de campement, les veilleurs inscriront un court rapport dans le cahier de veille, indiquant ce qu'ils ont vu et ce qu'ils ont fait le cas échéant, ou au contraire, «rien à signaler» ou «tout va bien».

Où faire la veille ?

La veille de feu, comme son nom l'indique, doit être effectuée près d'un feu, qui procurera chaleur et lumière aux veilleurs tout en étant propice à leur méditation.

Il peut s'agir tout simplement du feu de veillée, qui présente l'avantage d'avoir été allumé pour la veillée, et donc normalement de continuer à flamber doucement, on peut alors entretenir les braises en rajoutant un peu de bois de temps en temps. Cette solution présente aussi l'avantage de faire disposer le veilleur de bancs, et d'avoir une situation un peu à l'écart du camp, ce qui permettra éventuellement à des veilleurs en groupe de discuter sans gêner le sommeil des autres.

Dans d'autres cas, particulièrement chez les plus classiques, la veille s'effectuera au kraal, donc en un point situé à la fois au centre du camp et à proximité des tentes des chefs, qui dispose également de bancs mais peut être partiellement abrité et disposer d'une table. La portée symbolique du feu est ici augmentée, puisque le feu du kraal représente le foyer du camp (à rapprocher du foyer des maisons antiques ou des tribus «primitives», chez qui le feu est synonyme de survie et d'humanité). Dans ce cas, si le kraal est occupé par les chefs en début de nuit, le premier tour de veille peut être pris auprès du feu de veillée.

Le feu utilisé pour la veille ne devra pas être trop important, par souci de sécurité tout d'abord, ainsi que pour économiser le bois qu'il est difficile d'aller chercher en pleine nuit, mais également afin de ne pas troubler excessivement la nuit (À noter qu'un feu trop fort, comme toute source de lumière, diminue l'efficacité de la vision nocturne lorsqu'on le quitte. Avec un petit feu, celle-ci reviendra plus vite).

De façon générale, on évitera de prendre les tours de veille auprès d'un feu de cuisine …

Aspects pédagogiques

La veille de nuit est un moment à part dans le camp, puisque les jeunes se retrouvent seuls ou à quelques uns, avec la nature, le camp et le calme de la nuit pour eux seuls. Permettant de découvrir un nouvel univers, de découvrir différemment le monde habituel, de prendre le temps de se poser un petit peu avec un ami, la veille de feu est très riche de premières expériences. Se lever silencieusement la nuit, prendre le relais d'amis et passer le relais à d'autres, avoir la forêt pour soi seul sont autant de moments magiques qui font de la veille de nuit une expérience à part.

Les circonstances de la veille peuvent être dictées par l'habitude, ou par des nécessités pédagogiques : un tour de veille effectué à plusieurs renforcera la cohésion et l'amitié au sein du petit groupe qui aura veillé ensemble ; un tour de veille effectué en solitaire responsabilisera le veilleur et développera sa confiance en lui. A contrario, certains jeunes peuvent être effrayés par une veille en solitaire (une veille en début ou en fin de nuit peut alors permettre d'exorciser cette peur), quand d'autres ne tireront pas de bénéfice particulier d'un moment passé avec leurs copains, qu'ils ne différencieront pas de ceux de la journée. Dans les unités coéduquées, il faut garder à l'esprit que les tours de veille mixtes peuvent être propices à la formation de couples.

Des tours de veille en solitaire peuvent être d'un intérêt tout particulier avant les moments importants de la vie scoute, comme une promesse ou un engagement ; le jeune est alors amené à méditer au calme sur l'importance de l'engagement qu'il va prendre le lendemain.

L'écueil principal est le petit groupe qui dérape : alcool, virée extérieure etc. Les chefs doivent donc sonder au préalable l'état d'esprit des scouts appelés à prendre part à la veille.

Respect du temps de sommeil

La veille de nuit ne doit pas nuire au capital sommeil du jeune, ni le mettre en état de stress inutile. Autant il serait dommage de l'arrêter trop tôt, ce qui priverait les jeunes des meilleurs moments de cette activité, autant il ne faut pas en prendre prétexte pour les priver de sommeil et provoquer une fatigue excessive. De ce fait, chaque jeune ne devrait pas avoir à veiller plus d'un temps strictement limité, afin de pouvoir disposer, même la nuit de sa veille, d'un temps de sommeil suffisant.

Si la veille de nuit est exceptionnelle, le planning du lendemain devra être adapté afin de ne pas présenter d'activités trop fatigantes ou nécessitant trop d'attention.

Si les veilles sont régulières, les veilleurs devront pouvoir bénéficier d'aménagements le lendemain, comme une dispense de dérouillage, un temps de sieste, etc. Il peut être nécessaire d'attirer l'attention des chefs de patrouille sur les besoins en sommeil plus importants des plus jeunes.

Dans tous les cas, il est nécessaire de prendre en compte l'état de fatigue des jeunes et le planning du jour même et du lendemain : ainsi, les nuits suivant des activités fatigantes ne devraient-elles pas comporter de veille de nuit, de même que les nuits précédant, par exemple, un départ en exploration.

Il est à noter que les pratiques imbéciles de certains (jeunes ou chefs) trouvant amusant d'aller faire peur aux veilleurs, ou de troubler d'une manière ou d'une autre le déroulement de leur veille, n'ont absolument aucun intérêt pédagogique ni humain; le cas échéant leurs auteurs devraient être sévèrement réprimandés.

Annexe : une prière sur la veille de feu

Si tu m'apprenais à veillée,
Mon Dieu,
Un peu comme ceux qui t'attendent,
Une attente sereine,
calme ou peut-être tourmentée.
Je ne sais ni le jour, ni l'heure.
Je ne sais surtout pas le "comment"
Mais ce que je sais, mon Dieu,
Ce qui est sûr, c'est que Toi,
Tu seras là. Je n'aurais pas
veillé en vain.

Extrait du carnet Vivre l'aventure.


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