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En 1945, les scouts catholiques d'Ottawa<ref>Lettre de Laflamme à Hébert, Québec, 18 janvier 1935, conservée au district des Scouts d'Ottawa.</ref> demanderont le rattachement à la Fédération après qu'on leur eût refusé un statut particulier. Le problème ne sera résolu définitivement qu'en 1972 avec la création d'une [[Association des scouts du Canada|Association des Scouts du Canada,]] ouverte aux canadiens français de l'ensemble du pays.
En 1945, les scouts catholiques d'Ottawa<ref>Lettre de Laflamme à Hébert, Québec, 18 janvier 1935, conservée au district des Scouts d'Ottawa.</ref> demanderont le rattachement à la Fédération après qu'on leur eût refusé un statut particulier. Le problème ne sera résolu définitivement qu'en 1972 avec la création d'une [[Association des scouts du Canada|Association des Scouts du Canada,]] ouverte aux canadiens français de l'ensemble du pays.


La [[Fédération des scouts catholiques de la province de Québec]] a donnée au cardinal Villeneuve le titre de "chef-scout"<ref>Le Conseil provincial du 5 octobre 1951 proposera plus que le successeur de Villeneuve Mgr Roy, archevêque de Québec soit nommé plutôt «grand aumônier».</ref>, et il fait effectivement des interventions de poids en faveur de son mouvement. Ainsi le 11 novembre 1938 au Cercle universitaire de Montréal, une causerie historique<ref>Ce discours sera plusieurs fois reproduit, entre autres, dans ''Servir'', mars 1947, p. 103-113 (ce numéro des chefs étant un hommage à la mémoire de Villeneuve qui vient de mourir). Le cardinal Villeneuve publiera aussi un extrait de ce discours dans un numéro de la Revue dominicaine consacré au scoutisme et repris en un volume en 1938 sous le titre ''Le Vrai Visage du scoutisme''.</ref> dans laquelle il défend le scoutisme pratiqué par ses scouts catholiques. Un scoutisme authentique, c'est-à-dire fidèle à la méthode Baden-Powell; intégralement catholique et «conforme à notre caractère ethnique». Le Cardinal défendit encore le scoutisme de l'accusation de naturalisme.
La [[Fédération des scouts catholiques de la province de Québec]] a donnée au cardinal Villeneuve le titre de "chef-scout"<ref>Le Conseil provincial du 5 octobre 1951 proposera plus que le successeur de Villeneuve Mgr Roy, archevêque de Québec soit nommé plutôt «grand aumônier».</ref>, et il fait effectivement des interventions de poids en faveur de son mouvement. Ainsi le 11 novembre 1938 au Cercle universitaire de Montréal, une causerie historique<ref>Ce discours sera plusieurs fois reproduit, comme dans un numéro de la Revue dominicaine consacré au scoutisme et repris en un volume en 1938 sous le titre ''Le Vrai Visage du scoutisme'', et dans la revue des chefs ''Servir'', mars 1947, p. 103-113 (ce numéro étant un hommage à la mémoire du Cardinal Villeneuve qui venait de mourir).</ref> dans laquelle il défend le scoutisme pratiqué par ses scouts catholiques. Un scoutisme authentique, c'est-à-dire fidèle à la méthode Baden-Powell; intégralement catholique et «conforme à notre caractère ethnique». Le Cardinal défendit toujours le scoutisme des accusations de naturalisme.


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[[Catégorie: Personnalité Fédération des scouts catholiques de la Province de Québec]]
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Version du 23 mai 2023 à 11:14

Jean-Marie-Rodrigue Villeneuve
Jean-Marie-Rodrigue Villeneuve
2 novembre 1883 · 30 janvier 1947

Spirituel

Spirituel.

Fondateur

Fondateur.

Personnalité association des scouts du Canada

Association des scouts du Canada.

Personnalité canadienne

Canada.

Jean-Marie-Rodrigue Villeneuve, O.M.I., est un ecclésiastique québécois, né le 2 novembre 1883 et mort le 30 janvier 1947. Premier évêque de Gravelbourg en 1930, archevêque de Québec de 1932 jusqu'à sa mort en 1947, il a été créé cardinal en 1933.


Wikipedia-logo.png Voir l'article Wikipédia : Jean-Marie-Rodrigue Villeneuve

Après s'être d'abord opposé au scoutisme anglophone et protestant[1], il se rallie à la position du Père Adélard Dugré et joue un rôle majeur dans la création de la Fédération des scouts catholiques de la province de Québec.


Circle-icons-magnifyingglass.svg Voir l’article détaillé : Histoire du scoutisme canadien-français


Se posait depuis 1928 l'épineux problème des rapports avec la Boy Scouts association canadienne qui soutient être le seul mouvement à avoir le droit de se réclamer du scoutisme au pays. La Boy Scouts avait admis de tout temps des jeunes Canadiens français dans son sein et a même accepté la formation de troupes entièrement francophones et catholiques comme à Ottawa. Mais comment y intégrer les éclaireurs canadiens-français ? Les longues et laborieuses négociations sont prises en main à partir de 1933 par le cardinal Villeneuve, gagné à la cause du scoutisme, désireux de regrouper toutes les forces canadiennes-françaises et catholiques et en même temps d'assurer la reconnaissance canadienne et partant internationale au mouvement.

Le cardinal veut aussi sans doute garder le mouvement des tendances nationalistes à la montréalaise. C'est durant l'année 1934 qu'il pose des gestes décisifs qui entraînent le déblocage. Le 5 mars, il adresse aux évêques de la province de Québec une lettre dans laquelle il résume la position commune arrêtée lors de la dernière réunion de l'épiscopat: il faut éviter de multiplier les formes de scoutisme et il faut organiser le mouvement sur des bases catholiques et non «raciales». Dans une circulaire publiée dans la Semaine religieuse le 31 mai 1934, le cardinal Villeneuve établit des statuts et règlements pour son diocèse de Québec.

Le 31 octobre, il annonce la création imminente d'une fédération et au début de décembre, convoque une réunion à Québec qui jettera les bases d'une Fédération des Scouts catholiques de la province. La Boy Scouts négocie avec la nouvelle Fédération et un accord est signé le 13 avril 1935. Accord paraphé par Baden-Powell en personne, consacrant la création de ce scoutisme catholique et canadien français, inspiré et soutenu par les Scouts de France. Mais il faut remarquer que cette nouvelle Fédération est limitée à la province de Québec[2]. Certains comme le chanoine Groulx[3] verront dans cette reconnaissance plus une perte qu'un gain. Et des diocèses garderont leur scoutisme particulier, comme avec l'évêque de Valleyfield (Voltigeurs de Salaberry).

En 1945, les scouts catholiques d'Ottawa[4] demanderont le rattachement à la Fédération après qu'on leur eût refusé un statut particulier. Le problème ne sera résolu définitivement qu'en 1972 avec la création d'une Association des Scouts du Canada, ouverte aux canadiens français de l'ensemble du pays.

La Fédération des scouts catholiques de la province de Québec a donnée au cardinal Villeneuve le titre de "chef-scout"[5], et il fait effectivement des interventions de poids en faveur de son mouvement. Ainsi le 11 novembre 1938 au Cercle universitaire de Montréal, une causerie historique[6] dans laquelle il défend le scoutisme pratiqué par ses scouts catholiques. Un scoutisme authentique, c'est-à-dire fidèle à la méthode Baden-Powell; intégralement catholique et «conforme à notre caractère ethnique». Le Cardinal défendit toujours le scoutisme des accusations de naturalisme.


Notes et références


  1. Le P. Jean-Marie-Rodrigue Villeneuve, o.m.i., à l'époque directeur de scolasticat à Ottawa, dans Le Semeur n°3 d'octobre 1919, p. 42. recommandait alors pour l'ACJCF la plus grande prudence «A propos des Boy Scouts»...
  2. Mgr Baudoux soutient dans une lettre de 1960 conservée dans les archives de la FSQ que Villeneuve s'était d'abord engagé à créer une Fédération pour tous les Canadiens français. En 1935, Villeneuve fait expliquer à l'abbé Hébert d'Ottawa qu'il faut créer vite la Fédération et qu'on ne peut attendre l'adhésion de tous les évêques du Canada.
  3. Dans ses mémoires Lionel Groulx écrit que «l'intégration n'offrait aucun intérêt financier, nul autre avantage que d'arborer désormais l’Union Jack et d'accepter le costume kaki» (tome 4, p. 21). Et le chanoine de blâmer le cardinal Villeneuve...
  4. Lettre de Laflamme à Hébert, Québec, 18 janvier 1935, conservée au district des Scouts d'Ottawa.
  5. Le Conseil provincial du 5 octobre 1951 proposera plus que le successeur de Villeneuve Mgr Roy, archevêque de Québec soit nommé plutôt «grand aumônier».
  6. Ce discours sera plusieurs fois reproduit, comme dans un numéro de la Revue dominicaine consacré au scoutisme et repris en un volume en 1938 sous le titre Le Vrai Visage du scoutisme, et dans la revue des chefs Servir, mars 1947, p. 103-113 (ce numéro étant un hommage à la mémoire du Cardinal Villeneuve qui venait de mourir).