Histoire du scoutisme canadien-français

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Bien qu’aujourd’hui le scoutisme canadien-français soit relativement stable où la plupart des unités de scoutisme francophones sont réparties entre l'Association des Scouts du Canada et l'Association des aventuriers de Baden-Powell, l'historique en est autrement plus complexe. Le Canada faisant alors partie de l'Empire britannique, le scoutisme y fait son apparition dès 1909, chez les anglophones.

Du côté Canadien-français, les premiers éclaireurs connus apparaissent en 1911 quand, à l'occasion d'un voyage au Canada, Baden-Powell est accueilli à Québec par des scouts francophones. On ignore toutefois de quelle unité ils faisaient partie, et s'ils étaient les seuls représentants de leur espèce. Le scoutisme canadien-français ne se développera de façon plus ou moins organisée que plusieurs années plus tard.

Les débuts du scoutisme canadien-français (1918-1960)

Les premiers scouts canadiens-français se joignaient aux unités du Canadian General Council[1] de la Boy Scout Association. À l'époque, l'Église catholique canadienne, très forte, surtout au Québec, désapprouvait le scoutisme (auquel elle attribuait des racines protestantes, militaires et franc-maçonnes de par son fondateur).

Balbutiements

Une première troupe francophone, la 41e Notre-Dame, affiliée à l'organisation anglophone, fut fondée à Ottawa, le 29 mars 1918. C'est l'abbé Joseph Hébert, vicaire à la basilique d'Ottawa qui fonda la troupe. Le côté catholique était très présent et son premier camp s'apparentait presque à une retraite fermée sur la vocation religieuse. Cette initiative reste toutefois isolée, car le clergé canadien s'oppose toujours au scoutisme.

Au Québec, ce n'est qu'en 1925, que la première troupe est fondée. C'est dans la paroisse Saint-Antoine de Longueuil qu'un jeune instituteur, Georges-Henri Sainte-Marie, fonda cette troupe. Ce dernier avait rencontré des scouts catholiques, pour la première fois, au moment d'un pèlerinage à Lourdes, en 1924[2]. Il y avait trouvé des scouts en service (brancardiers, servants de messe, secouristes, etc.) pour les malades et les pèlerins de la ville. Son intérêt et sa surprise furent très grands vu la réputation qu'avaient les scouts au Canada. M. Sainte-Marie refuse toutefois de l'affilier au CGC, et se fait parrainer par une troupe française, la 19e Paris SDF de Gustave Daumas. Les Boy Scouts of Canada refusèrent d'aider la nouvelle troupe francophone à se procurer l'équipement scout. C'est finalement les Scouts de France qui consentirent fraternellement à remplir leurs commandes en fonction de leurs besoins.

L’approbation de l’autorité ecclésiastique était par contre primordiale dans ce contexte historique. Le curé de la paroisse, l’abbé Georges Payette, homme de grande sagesse et de grande bonté, se contenta d’acquiescer tacitement en disant Pas contre, pas pour. Il voulait que le mouvement fasse ses preuves en ce disant que le temps fera bien les choses. Le 19 juin 1925, la Société Saint-Jean-Baptiste de Longueuil, qui protégeait au niveau corporatif pour des raisons d'assurance et de financement le groupe, jugea bon de demander à Mgr Georges Gauthier d'obtenir l’autorisation de commencer une expérience dans le style des Scouts de France, d'affilier la troupe au Bureau International des Scouts Catholiques dont le siège était à Rome et puis la bénédiction de l’Évêque. Ayant tout reçu, la troupe avait maintenant la conscience tranquille lui permettant de continuer son oeuvre.

Après quelques mois de techniques, la troupe se rendit à Boucherville pour une retraite de 2 jours. Les 9 scouts et le chef firent leur promesse selon le texte du Père Sevin : « Sur mon honneur, avec la grâce de Dieu, je m'engage: à servir de mon mieux, Dieu, l'Église, ma Patrie; à aider mon prochain en toutes circonstances; à observer la loi scoute ». Le livre du Père Sevin Le Scoutisme était utilisé par la troupe pour comprendre comment les français adaptaient le scoutisme anglais pour servir l'idéal chrétien. Leur foulard était blanc avec une bordure jaune pour représenter les couleurs du Saint-Père. Ils se redirent une peu plus tard dans l'été sur l'Île Paré dans la Rivière des Mille-îles y vivre leur premier camp d'été qui dura 8 jours.

La même année, l'abbé Lionel Groulx, un des chefs de file nationalistes de l'époque, rencontre un groupe de scouts près de sa maison d'été à Saint-Donat de Montcalm. Il est emballé par sa découverte et avec le père jésuite Adélard Dugré, ils étudièrent la question à savoir si un scoutisme catholique francophone serait viable. Ce père jésuite publia au mois de mai 1926 une brochure, traitant de la question, intitulée Éclaireurs Canadiens-Français. Ils concluent que le scoutisme serait désirable pour les Canadiens-Français à condition d'être adapté. Le militarisme devrait premièrement être tourné en patriotisme et amour du Canada-Français. Ensuite, ils recommandent de ne pas s’affilier avec les Boy Scouts, mais de plutôt s’établir en parallèle pour plus de liberté.

Sous leur impulsion, en 1926, les frères laïcs Philippe et Guido Morel forment les deux premières troupes de Montréal. La 1re St-Jean-Berchmans le 13 septembre 1926 et la 2e Immaculée-Conception le 20 septembre 1926. Eux aussi devront se fier sur les Scouts de France pour l'approvisionnement du matériel essuyant un nouveau refus d'aide des Boy Scouts of Canada.

Unification

Le 22 juin 1928, les cinq troupes de la région de Montréal (la troupe de M. Sainte-Marie, celles des frères Morel, la 3e Saint-Ignace de Loyola du Collège Saint-Ignace dans Rosemont et puis une dernière à Saint-Lambert que M. Sainte-Marie aidé de Ray Grimard fonda en 1927) obtiennent une charte provinciale au nom de la Fédération catholique des éclaireurs canadiens-français. Cette Fédération de scout montréalais qui voit le jour représente la première organisation francophone de scoutisme au Canada. Il existe maintenant une alternative pour les groupes au Canadian General Council. Les membres de la Fédération recevront cette même année la visite officielle de Paul Coze[3]. Une Loi scoute et une prière sont rédigées alors que la croix de Jérusalem chargée d'une feuille d'érable est choisie comme emblème.

Les objectifs d'une telle Fédération étaient de pouvoir faire entre autre la promotion du scoutisme et l'instauration d'un cadre uniformisant la méthode scoute utilisée dans les différents groupes catholiques. C'était aussi une belle occasion de faire un pied de nez à la Boy Scouts of Canada qui était jusqu'à présent peu aidante. De ce fait, les rapports durcissent entre les deux groupes et la bataille linguistique et nationaliste est lancée dans le scoutisme canadien. La Fédération tente d'aller le plus possible chercher son indépendance. Elle possède maintenant un bureau (??), un président (Guido Morel), un vice-président (Philippe Morel), un secrétaire (Georges-Henri Sainte-Marie) et un aumônier (Adélard Dugré). Au début, les ouvrages des Scouts de France sont encore utilisés, mais la Fédération va rapidement se mettre à publier ses propres outils de référence. Pour devenir éclaireur canadien-français est le premier du type à sortir en 1928. En octobre 1931, c'est la revue de la Fédération qui est fondée; Alerte. Et d'un magasin scout par après.[réf. nécessaire]

Après cette union, le scoutisme se répand un peu partout dans la province. En 1928, c'est au tour de Trois-Rivières de joindre le scoutisme avec la fondation de la Troupe Cloutier, qui deviendra par la suite la Troupe Sainte-Marguerite. Le 4 avril 1930 à Saint-Hyacinthe, c'est à la demande de Mgr Fabien Zoël Decelles, évêque du diocèse que l'abbé Eugène Goulet assisté de l'abbé Victor Quintal fondent la 1re troupe Cathédrale de Saint-Hyacinthe. Ensuite se fut le tour respectivement des diocèses de Québec (1930), Sherbrooke (1931), Joliette(1932) et de Saint-Boniface au Manitoba (1932). [4][réf. nécessaire]

Le scoutisme francophone se développe, mais de façon éparse, dans plusieurs diocèses, au Québec et ailleurs au Canada. Les nouvelles troupes choisissent de demeurer indépendantes, de s'affilier à la Fédération ou au Canadian General Council, ou encore de former des associations diocésaines. En 1933, outre la Fédération de Montréal il existe les Scouts catholiques de Trois-Rivières et les Scouts catholiques de Québec qui pratiquent un scoutisme indépendant. Le scoutisme canadien-français n'est donc pas encore reconnu ni sur le plan canadien ni sur le plan international.

Le premier clan de routiers est aussi mis sur pied à Trois-Rivières en 1930. C'est l'année suivante que les Guides-Aînées font leur apparition au Canada.

En 1932, la première meute de louveteaux de Longueuil, s'adressant aux garçons de 8 à 11 ans, fut fondée par Jean-Marie Girouard.

Nouvelle Fédération

Le 15 mai 1934, les évêques de la province décident de fonder la Fédération des scouts catholiques de la province de Québec. Cela fait suite au désir d'unification du scoutisme francophone québécois du cardinal-archevêque de Québec, Mgr Rodrigue Villeneuve. Cette initiative impliquait la fusion et donc la dissolution des 3 fédérations diocésaines existantes. La Fédération Catholique des Éclaireurs s'y est opposée au départ, mais finit par se rallier au projet. La nouvelle Fédération est officiellement en place le 11 décembre 1934 et est représentée dans 7 diocèses: Montréal, Trois-Rivières, Québec, Saint-Hyacinthe, Sherbrooke, Joliette et Saint-Jean.

La Fédération s’affiliera officiellement au Canadian General Council le 10 avril 1935 via une entente de reconnaissance que Baden-Powell approuva en personne le 27 mai à l'archevêché de Québec alors qu'il était de passage au pays pour une quatrième et dernière fois[5]. Cet accord que signa le Cardinal Villeneuve au nom des Scouts du Québec permet d’officialiser le contrôle du clergé catholique sur le mouvement scout francophone au Québec. En effet, il est prévu que la méthode pourra subir des petites modifications pour s'adapter à la culture et à la mentalité des Canadiens-français. Selon l'entente, la Fédération possède maintenant deux sièges sur le conseil exécutif du CGC. Elle stipule toutefois aussi que la nouvelle Fédération exercera son mandat uniquement sur le territoire québécois. Les unités scoutes francophones hors Québec ne peuvent donc pas être membres de la Fédération.

La Fédération adopte ses statuts et règlements en janvier 1936; ils seront appelés à régir le scoutisme pendant les vingt prochaines années. Le 12 novembre 1936, le Parlement de la Province votera une loi spéciale qui constituera la Fédération des scouts catholiques de la province de Québec.

Dans la période 1937-1940, l'exemple des Scouts de France est souvent suivi, ainsi avec Guy Boulizon qui joue un rôle de passeur. Il fonda le groupe 55e Guynemer basé de sur son expérience de scoutisme français et en s'inspirant de l'exemple des troupes françaises. Il fut aussi impliqué par après au sein de la Fédération.

26 juin 1928 5 troupes
1931 9 troupes
1931 16 troupes 350 scouts
juin 1932 29 troupes
15 mai 1934 40 troupes
6-7 meutes
3 clans
recensé: 865 éclaireurs, 33 routiers et 134 louveteaux
Estimation: plus de 1500 scouts
1935 1850 éclaireurs
516 louveteaux
157 routiers (7 clans)
3000 scouts
1942 200 routiers (19 clans)
31 octobre 1944 2842 éclaireurs (113 troupes)
1065 louveteaux (48 meutes)
394 routiers (17 clans)
4826 scouts (99 groupes)
1951 726 routiers
1955 14000 scouts
1958 881 routiers (55 clans)
1966 27000 scouts

Organisation et croissance

Au cours du quart de siècle suivant, le scoutisme francophone canadien développera, grâce à la FSCPQ, ses symboles, ses programmes et des activités.

Des événements provinciaux sont organisés de plus en plus par la Fédération. Son premier Jamboree aura lieu au mois d'août 1937 à l'île Sainte-Hélène de Montréal. Avec comme thème Source et Rayonnement, 1500 membres de la Fédération étaient présents. Un camp de formation (stage Dollard) pour l'obtention du Badge de Bois à la Mine en Mauricie est donné. Il est dirigé par un chef scout français diplômé lui-même de Gilwell Park, Henry Dhavernas. Un deuxième Jamboree de la Fédération soulignant le 25e anniversaire du scoutisme sera tenu du 20 au 28 août 1951 à Vaudreuil. Cette fois-ci avec le thème de Les Chevaliers de Notre-Dame c'est entre 2500 et 3000 scouts qui y participeront.

En 1951 sera imprimé le premier calendrier scout. Ils serviront au financement des groupes et constitueront aussi un important outil de visibilité. Dès 1954, le premier manuel technique pour les jeunes est lancé de par la publication de la première édition du carnet Cibles.

Le 8e Jamboree mondial eut lieu pour la première fois au Canada à Niagara-on-the-Lake en 1955. Le nombre de participants s'élevant à 11 139 scouts en incluait 500 du Québec et 1200 de la France.

En 1954 fut lancé le badge Annapurna par le commissaire Gérard Corbeil de la Fédération. Cette nouvelle distinction peut être remise à des groupes éclaireurs ou à des routiers qui accomplissent un exploit physique hors du commun.

Les prémisses d'une association francophone pancanadienne

Vers la fin des années 1940, certaines unités ontariennes sont insatisfaites de la situation, notamment dans les diocèses limitrophes ou chevauchant la frontière entre le Québec et l'Ontario, notamment à Ottawa. Paul McNicoll, commissaire diocésain d'Ottawa à cette époque, réclamait la possibilité d'affilier l'ensemble des unités du diocèse (côté ontarien et côté québécois) à la Fédération. D'autres diocèses (Pembroke, Alexandria et Timmins) ont fait la même demande. En 1948, la BSC accepte d’amender l'entente de 1935 en acceptant les demandes d'Ottawa et Pembroke, mais refuse les autres.

Beaucoup d'énergie sera consacrée à cette question au cours de la décennie suivante, la question n'étant pas réglée. D'autres districts, comme Sault-Sainte-Marie, en Ontario, ou Saint-Boniface, au Manitoba, ont répété la même demande que les diocèses limitrophes : intégrer les unités scoutes francophones à la Fédération. En 1951, la BSC met en place un comité afin d'examiner la question. Divers scénarios seront examinés tout au long des années 1950, y compris une unification complète du scoutisme canadien. Un compromis, accepté par la Fédération, mais refusé par les évêques en dehors du Québec, prévoyait la création d'une confédération du scoutisme catholique canadien, avec une fédération francophone et une fédération anglophone. Trouver une situation satisfaisante pour tous s'avérait difficile.

Les débuts de l'ASC (1960-1965)

La fondation

Le 13 octobre 1960, le secteur francophone de la Conférence Catholique canadienne des évêques décide de créer un Conseil général canadien des scouts et des guides catholiques, formé de représentants des quatre régions actuelles (Maritimes, Québec, Ontario et Ouest). Leur mandat sera de fonder une association canadienne catholique pour tous les scouts canadiens-français et une autre pour toutes les guides canadiennes-françaises. Le but est de pouvoir traiter d'égal à égal avec l'association anglophone et, éventuellement, d'établir un organisme parapluie; la BSC regrette vivement cette décision.

Le 21 octobre 1960, ce nouveau conseil va se réunir pour une première fois à Ottawa. Mais ce n'est qu'à la seconde rencontre du 3 au 4 mars 1961 que le Conseil crée à sa première journée, les Scouts Catholiques du Canada et à sa deuxième, les Guides catholiques du Canada[6]. Les Scouts catholiques du Canada se dotent d'un premier exécutif, présidé par Charles D'Amour, et d'un commissaire national, Gérard Corbeil. Quatre diocèses sont immédiatement reconnus : Saint-Boniface (Manitoba), Ottawa (Ontario), Sault-Sainte-Marie (Ontario), et Gravelbourg (Saskatchewan).

La mise sur pied et la reconnaissance

La Fédération est alors encore en activité et n'est pas formellement intégrée au projet, cela explique pourquoi aucun diocèse québécois n'a été reconnu à l'origine. Elle accorde néanmoins un appui sans réserve au projet : le commissaire national Corbeil était déjà commissaire de la Fédération, la nouvelle organisation occupe le même bureau qu'elle, et moins d'un an après sa création, 14 diocèses québécois ont déposé leur requête d'affiliation. Alors que la Fédération consacre toutes ses énergies à la mise sur pied de l'association, celle-ci tente de conclure une nouvelle entente avec la BSC et d'obtenir une charte fédérale d'incorporation, deux projets qui mettront plus de six ans à se concrétiser.

Les négociations battent de l'aile : la BSC base sa position de négociation sur le principe One Canada, one Boy scout Organization. En décembre 1964, le général Georges Vanier, Gouverneur général et Chef scout du Canada, convoque les représentants des Scouts catholiques du Canada et de la BSC à une rencontre à Rideau Hall, sa résidence officielle. Les deux organisations sont sommées de s'entendre. Un comité paritaire est alors formé, mais ça prendra encore quelques années avant qu'un accord soit ratifié.

L'entente nommée Ensemble / Together qui vient remplacer la précédente de 1935 sera signée le 22 février 1967. Les francophones oublient l'organisation parapluie et les anglophones, la formule de l'organisation unique. Ce qui deviendra bientôt l'ASC s'adresse « aux adultes et aux garçons catholiques romains d'expression française » alors que la BSC peut recruter chez tous ceux qui respectent ses exigences. En outre, chaque organisation devra conserver ses caractéristiques propres, comme l'uniforme. Enfin, au niveau international, l'ASC sera reconnue par l'OMMS et pourra participer aux instances internationales « par l'entremise » de la BSC, sauf pour la Conférence internationale catholique du scoutisme, où l'Association est membre de plein droit.

En 1968, la Fédération des scouts catholiques de la province de Québec accepte de s'effacer derrière l'Association des Scouts Catholiques du Canada. C'est alors ainsi que l'association décide de s'incorporer. Une loi, adoptée par le Parlement canadien et sanctionnée le 9 juillet 1969, officialise la création de l'Association des scouts du Canada[7]. Les énergies de l'Association pourront dorénavant se concentrer sur la structuration et la mise à jour du scoutisme canadien-français.

Une décennie de réformes (1965-1975)

Le long processus de reconnaissance et d'incorporation n'a pas eu une très grande influence sur la vie de tous les jours des unités. Les choses se déroulent un peu comme elles étaient avant, même au niveau des activités conjointes entre la Fédération et les Boy Scouts. Cependant, à partir de 1965, l'Association entame d'importantes réformes qui ne firent pas l'unanimité.

Pédagogie et traditions

Le premier grand changement prend forme en novembre 1966. Emboîtant le pas à la Boy Scouts of Canada et, surtout, aux Scouts de France, l'Association crée la branche des Pionniers. Ce faisant la branche des éclaireurs est alors scindée en 2 groupes distincts, les éclaireurs pour les 12-14 ans et la nouvelle branche pour les 14-17 ans. Cette initiative marque l'introduction de la pédagogie du projet à l'ASC, telle que présentée par François Lebouteux, commissaire de la branche éclaireur des Scouts de France, dans le livre L'école du chantier. Les premiers manuels pionniers, inspirés de cette méthode, sont publiés en 1967. L'année suivante, c'est au tour de la méthodologie éclaireur d'être revue, et finalement celle des louveteaux en 1969.

Plusieurs traditions scoutes sont aussi mises à jour et adaptées, à commencer par l'uniforme. Il est mis au goût du jour, et de différentes couleurs d'une branche à l'autre. Il est aussi simplifié; une grande partie des anciens ornements qu'on pouvait y trouver, de même que de la pléthore de badges de spécialité disponibles, sont abandonnés. La Loi scoute est aussi réécrite, en modifiant surtout le vocabulaire jugé dépassé. Le foulard national bleu liséré jaune est adopté dès 1966. Et pour finir avec les changements, au niveau du vocabulaire, les chefs et des assistants-chefs sont remplacés par des animateurs-responsables et des animateurs.

Pratiques organisationnelles

L'Association adopte aussi de nouvelles façons de faire organisationnelles. Au niveau de la formation, une série de documents sont produits au début des années 1970 pour mettre à jour le contenu et encadrer la formation tant des chefs que des gestionnaires et des formateurs eux-mêmes. Ces nouvelles orientations de formation s'inscrivent notamment dans la lignée des résolutions prises par la Conférence mondiale d'Helsinski, en 1969.

En outre, l'Association adopte une structure plus démocratique. De nouveaux règlements généraux sont adoptés, et une assemblée générale des districts (qui remplaceront les diocèses en 1969, dans les nouveaux règlements généraux) est instituée. Certains diocèses trouvent cependant la structure trop centralisée, le diocèse de Montréal se retirant même de l'Association pour une brève période. L'ancienne Fédération des scouts catholiques de la province de Québec­, de son côté, met fin à ses opérations et, sans toutefois se dissoudre, mandate l'Association pour agir en son nom.

Enfin, tout en conservant son statut confessionnel, le scoutisme canadien-français se laïcise. De moins en moins d'unités ont des aumôniers, des membres de d'autres confessions sont acceptées et, surtout, l'épiscopat canadien prend une part beaucoup moins active aux activités et aux décisions de l'Association.

Scission du scoutisme francophone

Une telle vague de réformes ne pouvait manquer de faire des mécontents. Certains responsables qui n'acceptent pas ces changements quittent tout simplement le mouvement, alors que d'autres tentent de les endiguer. En 1969, le diocèse de Montréal s'était même retiré de l'Association. Même si cette dernière reconnaît, en 1970, une association de district formée par certains groupes souhaitant conserver leur affiliation nationale, il faudra encore deux ans avant une réunification du scoutisme montréalais.

Au cours des premières années de la réforme, l'ASC tolérait la cohabitation avec l'ancienne méthode. Mais à la fin des années 1960, elle ordonna au magasin scout La Cordée de ne plus vendre de matériel et d'insignes aux unités récalcitrantes. C'est dans ce contexte que le 13 octobre 1973, un groupe de chefs, menés par Florian Bernard et Denis Charbonneau, décident de fonder une nouvelle organisation, inspirée des Scouts d'Europe, Les Éclaireurs du Québec. Elle changera de nom peu après en AGA pour éviter toute confusion avec une autre association pour porter le nom officiel d'Association des éclaireurs Baden-Powell (AEBP). Sa fondation répond au désir de sauvegarde d'un scoutisme plus traditionnel (Uniforme, promesse, loi, éclaireur de 12 à 17 ans, etc.). À sa création, la nouvelle association compte plus de 1600 membres.[réf. nécessaire] En même temps, d'autres disputes au sein de l'ASC amèneront à la création de l’Association Bayard Québec (ABQ) à Repentigny.

Scoutisme Canadien-Français Moderne (1975 à aujourd'hui)


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Sources



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Notes et références


  1. Le Conseil général canadien, à l'époque une division de l'association britannique, deviendra éventuellement la Boy Scouts of Canada, aujourd'hui Scouts Canada.
  2. OU 1922
  3. Correspondances dans le fonds Paul Coze, au Laboratoire scout de Riaumont.
  4. OU Sherbrooke (1931), Québec (1931), Joliette (1931) et Haileybury (Amos) (1933).
  5. À l'occasion de ce voyage, le fondateur rendit notamment visite aux 2 000 scouts canadiens-français présents à l'École Normale Jacques-Cartier.
  6. Les membres fondateurs de ces associations sont au nombre de dix: Charles D'Amour et l'abbé Donat Albert (Maritimes); Jean-Marie Poitras, Gérard Corbeil et Mgr Maurice Patry (Québec); Mgr Jacques Landriault, Paul McNicoll et Robert Bélanger (Ontario); l'abbé Félicien Juneau et Herménégilde Dubé (Ouest).
  7. Le nom Scouts catholiques du Canada a été changé pour Association des scouts du Canada. L'abandon de l'épithète « catholique » ne change toutefois pas le statut confessionnel de l'Association.