Danse de Kaa

Le Livre de la jungle raconte que chaque peuple subit sa crainte. Les Bandar Log, pour leur part, ont une peur mortelle de Kaa, le serpent. Ils ne peuvent pas résister à la grande force d'attraction qui jaillit des yeux immenses du python géant, ni au sifflement qui les immobilise.

Cette histoire donna lieu à des exercices de chant et de chorégraphie (ou parlé gestué) destinés aux louveteaux, particulièrement dans les années 1920 et 1930.

Chorégraphie

Le meneur dispose de la Meute en cercle de parade. Au commandement "Kaa !", tous les louveteaux tournent à droite (quart de cercle). Une pause et chacun avance sur la ligne du cercle, pour se rapprocher du louveteau qui le précède et sur les épaules de qui il dépose ses mains. Seul le sizenier désigné pour être la tête de Kaa reste sur place et porte ses deux mains au béret pour faire le salut louveteau. Ce geste, il le conserve pendant tout le temps que la meute évolue sous forme de serpent.

Temps d'arrêt très court. Le meneur lance un sifflement prolongé "sss !" en decrescendo. À ce signal, l'énorme serpent s'ébranle, exécutant un mouvement balancé de gauche à droite. Ce balancement s'obtient en imitant vaguement la démarche du marin qui est de quart sur le pont d'un navire de faible tonnage, sensible au roulis et au tangage des flots. Le marin se déplace, les pieds légèrement écartés, porté la pointe du pied obliquement vers le dehors, pour mieux garder son équilibre. Ajoutez à cela une flexion du genou et les louveteaux réaliseront, en alternant de la jambe gauche à la jambe droite, le balancement désiré. On peut obtenir un mouvement d'ondulation en hauteur, en demandant aux participants de fléchir davantage les genoux pendant deux pas (profondeur : 4 à 6 pouces) et ce par succession - un louveteau après l'autre - chacun exécutant le pas fléchi n°1 en même temps que le pas fléchi n°2 du danseur précédent.

Les loups siffle un "sss" à chaque pas, sifflement qui aide à marquer le rythme plutôt lent que rapide.

La tête du serpent (le sizenier) dirige les évolutions de Kaa. Il entraine la longue masse de son corps pour dessiner un huit puis s'engage dans la ligne du cercle que le meneur ne lui laisse pas le temps de compléter, un signal retenti "bandar-log !".

Aussitôt le serpent se transforme. Il devient une bande de singes gris. Chaque louveteau s'enfuit à son gré, exécutant à la suite l'un de l'autre, une série de trois à cinq mouvements ou gestes désordonnés : culbutes, tours sur lui-même pour attraper sa queue, sauter sur lui même sans but précis, arrêt pour arracher ses puces, se gratter la tête, etc.

Pendant ses "singeries", on doit entendre sur tous les tons "goureuk, goureuk, haou, haou, gareuk" sans arrêt pendant 10 à 15 secondes. Le meneur crie alors "KAA !". les louveteaux reforment alors le corps du serpent, comme au début derrière le sizenier. Les sifflements reprennent, le serpent évolue à nouveau un huit et forme un cercle. Au commandement de "MEUTE", les louveteaux reviennent au prêt tournés vers l'intérieur du cercle de parade.



  Voir l’article détaillé : Danse du serpent



Variante

Quand la meute maitrise bien la danse de Kaa, le meneur peut prolonger la manœuvre ci-dessus et la danse de la faim de Kaa. Voici comment :

Au moment où le serpent dessine le 2e huit dans la danse de la danse, le meneur cri de nouveau "Bandar-Log". Les loups exécutent une 2e fois leurs singeries ... au cri de "Kaa !" Les petits loups gèlent sur place, accroupis comme au grand hurlement, les yeux rivés sur Kaa (sizenier de tête) qui seul, reste debout. Celui-ci fait le grand salut et commence à se mouvoir au pas balancé pour manger les singes gris. Rythmant sa marche de sifflements il avance vers la proie la plus rapprochée, passe une de ses jambes par dessus le corps replier se dirige ensuite vers une seconde victime qu'il avale de la même façon puis une troisième .... et ainsi de suite jusqu'à ce qu'il ne reste plus de singe. Quand une proie est engloutie, le louveteau se redresse sur ses jambes, pose les mains sur les épaules du sizenier qu'il accompagne en adoptant le même pas cadencé jusqu'à la victime suivante. Là, il laisse la nouvelle victime se dresser devant lui derrière le sizenier de tête. Ses mains changent tout simplement d'épaules. À ce jeu, le serpent s'allonge jusqu'à reprendre sa taille initiale. Kaa a bien mangé, il s'endort !

Aussi le serpent s'enroule-t-il en spirale, qu'il dessine des cercles concentriques de plus en plus petits et qu'il ralentie graduellement sa marche jusqu'à s'immobiliser. Pendant ce dernier mouvement les genoux plient un peu plus le serpent se baisse de plus en plus prés du sol. La "tête" se couche sur son "corps" (le sizenier se penche sur le dos d'un louveteau courbé devant lui). Un silence d'environ cinq secondes.

Au commandement de "Meute !", les louveteaux se redressent. L'appel "Meute, Meute, Meute !" les rassemble en cercle.