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Cérémonial du départ routier (Scouts de France)

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Version de 1928

Ancien insigne SDF.JPG

Le candidat-routier s'avance, tête nue, accompagné de son parrain ; il rectifie la position virilement et salue :

Le Routier : Chef, s'il plait à Dieu et à vous, je demande à devenir Routier.

Le Chef : Bien, frère Scout, tu te présentes à la Route ; mais sais-tu comment la Route se présente à toi?

Le Routier : Oui, Chef.

Le Chef : As-tu songé que pour avoir accès à la Route, il faut commencer par sortir de ta maison et de toi-même, renoncer à ton égoïsme, à ton confort, à ta sécurité, rechercher ce qui est difficile et vouloir vivre rudement?

Le Routier : Oui.

Le Chef : As-tu songé qu'on n'est sur la Route que pour marcher en avant? es-tu décidé à faire de ta vie un progrès perpétuel en esprit chrétien, en maîtrise de toi, en force de caractère, en droiture, dévouement, pureté, et à faire en toute choses, aujourd'hui mieux qu'hier, et demain mieux qu'aujourd'hui?

Le Routier : Oui, je le veux.

Le Chef : Promets-tu de ne pas t'arrêter aux fleurs du chemin, c'est à dire de ne pas regarder la vie comme une partie de plaisir, mais comme une mission dont rien ne doit te détourner?

Le Routier : Je le promets.

Le Chef : Sauras-tu marcher seul, donner l'exemple et non le recevoir, bref, es-tu décidé à ne plus vivre en enfant, mais en homme et à ne compter après Dieu que sur toi-même?

Le Routier : Dieu aidant, oui.

Le Chef : En débouchant sur la Route, sais-tu que tu consens d'avance au don de toi-même à tout venant, que tu n'appartiens plus à toi, mais aux autres, toujours de service pour rendre service? Es-tu prêt à servir?

Le Routier : Je servirai.

Le Chef : (en se retournant à demi) Frères Routiers, voulez-vous de X... pour frère?

Les Routiers : Oui.

Le Chef : Entre donc parmi les frères de la Route et renouvelle ta promesse de Scout de France qui sera ton réconfort et ton soutien.

Le drapeau Scout et le fanion du Clan s'inclinent et se croisent, le fanion devant le drapeau par rapport au candidat Routier.

Le candidat Routier s'avance d'un pas, place la main gauche sur les deux emblèmes simultanément et de la droite fait le demi-salut, en disant:

Le Routier : J'ai promis:

Sur mon honneur, avec la grâce de Dieu,
De servir de mon mieux
Dieu, l'Eglise, la Patrie,
D'aider mon prochain en toutes circonstances,
D'observer la Loi Scoute,
Et je promets en outre d'aider de tout mon pouvoir la Nne X... et le Mouvement Scout.

Le Chef : Bien! Reçois maintenant, frère, les insignes de ta qualité.

Un louveteau s'avance et remet au Chef la tresse jaune d'un noeud d'épaule. Le Chef en la tenant bien visiblement, poursuit:

Le Chef : Ce noeud d'épaule jaune, couleur du soleil, pour te rappeler que tu dois toujours en avançant sur la Route, conserver l'entrain et l'allégresse des Louveteaux et remplir de soleil les âmes que tu rencontres...

Un Scout s'avance et remet la tresse verte comme précédemment. Le Chef sans s'arrêter la prend, la joint au noeud jaune et continue:

Le Chef : Vert, couleur des blés qui mûrissent, pour te rappeler que tu as dépassé l'âge des Scouts et que tu dois donner maintenant autre chose que des expériences, car on attend beaucoup de toi...

Enfin un Routier remet le noeud rouge; le Chef le prend en continuant:

Le Chef : Rouge, couleur de dévouement et de sang, les deux seules choses dont tu ne dois pas être économe, pour te rappeler, à l'exemple de tes aînés tombés aux carrefours des voies sacrées de France et de Palestine, qu'un Routier qui ne sait pas mourir n'est bon à rien.

Le Chef ayant joint les trois noeuds en un seul, les épingles à l'épaule gauche du Routier, tout en disant:

Le Chef : Jaune, vert, rouge pour te rappeler à toutes les minute qu'en toi doit vivre tout le scoutisme et qu'un Routier est un Scout complet.

Il lui remet successivement les autres insignes joignant le geste à la parole:

Le Chef : Reçois ce bâton fourchu, image du bien et du mal entre lesquels tu auras à choisir, et pour Dieu, choisis bien toujours.

Le Routier prend le bâton de la main droite.

Le Chef : Ceins la gourde du voyageur et n'abreuve ton âme qu'aux sources pures d'amour et de vérité.

Le Routier accroche la gourde à sa ceinture.

Le Chef : Reçois cette hache, symbole de l'énergie qui t'ouvrira un chemin à travers les difficultés, et si jamais, pour marcher à Dieu, la route te manque, fais-la.

Le Routier place la hachette dans sa gaine, à sa ceinture.

Le Chef : Couvre-toi enfin de ce chapeau dont les insignes montreront à tous que tu es Routier Scout de France.

Le Routier se couvre.

Le Chef : Et maintenant, frère, tu peux partir, la Route est ouverte.

A ce moment, les Routiers qui sont rangés en demi-cercle derrière les Chefs et les drapeaux, s'écartent pour laisser le chemin libre et font la haie en s'espaçant légèrement. Le Chef et l’Aumônier ne bougent pas de place.

Le Routier s'avance vers l’Aumônier et fléchit le genou en disant:

Le Routier : Père, je ne partirai pas que vous ne m'ayez béni.

L’Aumônier : Mon fils, comme le divin Maître à ses apôtres, je te dirai: Va maintenant aux brebis perdues de la maison d'Israël et dis-leur : Le royaume de Dieu est proche.

Tous les dons de la grâce et de la nature, tu les as reçu gratuitement, passe-les aux autres gratuitement. Ne porte en chemin ni or, ni argent, ni monnaie dans ta ceinture; ne prends pas de bâton pour arme, mais seulement pour soutien de fatigue. Là où tu t'arrêteras, salue en disant: « Que la paix soit sur cette maison ».

Sois prudent comme le serpent et pur comme la colombe.

Passe sur la Route en faisant le bien, et efforce-toi de vivre de telle sorte que Notre Seigneur puisse dire que « celui qui te reçoit, Le reçoit lui-même ».

Que Notre-Dame, l'Étoile du matin, te guide; que l'Archange Raphaël te protège; que saint Jacques et saint Paul t'escortent; et que la bénédiction du Dieu Tout-Puissant, Père, Fils et Saint-Esprit descende sur toi et y demeure à jamais.

Le Routier se relève en disant:

Le Routier : Amen.

Le Parrain lui donne l'accolade au nom du Clan. Puis les autres Routiers viennent serrer la main du partant et regagnent aussitôt leur place en laissant le passage libre.

Le Chef : Bonne route, frère! A Dieu vat!

Le Routier salue.

Le Chef et l’Aumônier s'écartent à droite et à gauche ainsi que les porte-fanions, et saluent.

Le Routier passe sur la route libre, bâton dans la main droite, et s'en va.


Version de 1942

Quelques variantes sont introduites dans le nouveau cérémonial pendant la guerre.

Insigne SDF.JPG


Le Routier : Chef, s'il plaît à Dieu et à vous, je demande devenir Routier.

Le Chef : Bien, frère Scout, tu te présentes à la Route ; mais sais-tu comment la Route se présente à toi ?

Le Routier : Oui.

Le Chef : As-tu songé que pour avoir accès à la Route, il faut commencer par sortir de ta maison et de toi-même, renoncer à ton égoïsme, à ton confort, à ta sécurité, rechercher ce qui est difficile et vouloir vivre rudement.

Le Routier : Oui.

Le Chef : As-tu songé qu'on n'est sur la Route que pour marcher en avant ? Es-tu décidé à faire de ta vie un progrès perpétuel en esprit français et chrétien, en maîtrise de toi, en force de caractère, en droiture, dévouement, pureté, et à faire en toutes choses aujourd'hui mieux qu'hier et demain mieux qu'aujourd'hui ?

Le Routier : Oui, je le veux.

Le Chef : Promets-tu de ne pas t'arrêter aux fleurs du chemin, c'est-à-dire de ne pas regarder la vie comme une partie de plaisir mais comme une mission dont rien ne doit te détourner ?

Le Routier : Oui, je le promets.

Le Chef : Sauras-tu marcher seul, donner l'exemple et non le recevoir ; es-tu décidé à ne plus vivre en enfant mais en homme et à ne compter après Dieu que sur toi-même ?

Le Routier : Dieu aidant, oui.

Le Chef : En débouchant sur la Route, sais-tu que tu consens d'avance au don de toi-même à la France et au prochain, que tu ne t'appartiens plus, que tu es toujours de service pour rendre service. Es-tu prêt à servir ?

Le Routier : Je servirai.

Le Chef : Frère Routiers, voulez-vous de N… pour frère ?

Les routiers : Oui.

Le Routier : Je le veux.

Le Chef : Sois donc un des nôtres et sur les Couleurs de France renouvelle ta promesse scoute, engagement d'homme qu'aujourd'hui tu prends solennellement. La main gauche étendue sur le drapeau français et le fanion de clan qui s'incline, saluant de la main droite, le routier renouvelle sa promesse et s'engage.

Le Routier : J'ai promis sur mon honneur, avec la grâce de Dieu de servir de mon mieux Dieu, l'Église et la Patrie, d'aider mon prochain en toutes circonstances et d'observer la loi scoute. Je promets en outre d'aider de tout mon pouvoir le mouvement scout.

Le Chef : Bien reçois maintenant, frère les insignes de ta qualité. Le Chef présente un flot d'épaule jaune, offert par un Louveteau :

Le Chef : Ce flot d'épaule jaune, couleur du soleil, pour te rappeler que tu dois toujours, en avançant sur la Route, conserver l'entrain et l'allégresse des Louveteaux et remplir de soleil les âmes que tu rencontres. Le Chef présente un flot d'épaule vert, offert par un Éclaireur:

Le Chef : Vert, couleur des blés qui mûrissent, pour te rappeler que tu as dépassé l'âge éclaireurs et que tu dois donner maintenant autre chose que des espérance, car on attend beaucoup de toi.

Le Chef présente un flot d'épaule rouge, offert par un routier:

Le Chef : Rouge, couleur de dévouement et de sang versé, les deux seules choses dont tu ne dois pas être économe, pour te rappeler, à l'exemple de tes aînés tombés aux carrefours des voies sacrées de France et de Palestine, qu'un Routier qui ne sait pas mourir n'est bon à rien.

Le Chef : Jaune, vert, rouge, pour te rappeler à tous instants qu'en toi doit vivre tout le Scoutisme et qu'un Routier est un Scout complet.

Le chef remet successivement les autres insignes.

Le Chef : Reçois ce bâton fourchu, image du bien et du mal entre lesquels tu auras à choisir et, pour Dieu, choisis bien toujours.

Le routier prend la fourche de la main droite.

Le Chef : Reçois cette hache, symbole de l'énergie qui t'ouvrira un chemin à travers les difficultés, et si jamais, pour marcher à Dieu, la Route te manque, fais-la.

Le routier prend la hachette dans sa gaine, à la ceinture.

Le Chef : Reçois cette flamme et cet Évangile qui dissipent les ténèbres de ta route. Cherche et rayonne la vérité, car en toi vit le Seigneur, Lumière du monde.

Le C.C. remet une torche allumée et l'aumônier une Bible ou un Nouveau Testament.

Le Chef : Reçois enfin cet insigne qui montrera à tous que tu es Routier Scout de France.

Le Chef lui fixe la barrette R.S. sur la poitrine.

Le Chef : Et maintenant, tu peux partir, la Route est ouverte.

Le Routier s'avance vers l'Aumônier, se découvre et fléchit le genou en disant :

Le Routier : Père, je ne partirai pas que vous ne m'ayez béni.

L’Aumônier : Mon fils, comme le divin Maître à ses Apôtres, je te dirai : Va maintenant aux brebis perdues de la Maison d'Israël et dis-leur : « Le Royaume de Dieu est proche ». Tous les dons de la grâce et de la nature, tu les as reçus gratuitement ; passe-les aux autres gratuitement. Ne porte en chemin ni or, ni argent, ni monnaie dans ta ceinture ; ne prends pas de bâton pour arme, mais seulement pour soutien de fatigue. Là où tu t'arrêteras, salue en disant : « Que la paix soit sur cette maison ». Sois prudent comme le serpent et pur comme la colombe. Passe sur la Route en faisant le bien et efforce-toi de vivre de telle sorte que notre-Seigneur puisse dire que celui qui te reçoit, Le reçoit Lui-même. Que Notre-Dame, L'Étoile du matin, te guide ; que l'Archange Raphaël te protège ; que Saint Jacques et Saint Paul t'escortent, et que la bénédiction du Dieu tout-puissant Père, Fils et Saint Esprit, par l'intermédiaire de Notre-Dame de la Route, descendre sur toi et y demeure à jamais.

Le Routier : Amen.

Le routier se relève et se coiffe. Le parrain donne alors l'accolade au nom du Clan.

Le Chef : Bonne route frère ! À Dieu vat !

Le Routier salue la Maîtrise et les Routiers, puis tandis qu'il se retourne pour saluer le reste du Clan, la Maîtrise et les Routiers s'écartent et ouvrent la Route.

Au commandement de l'Assistant, le Clan entier répond au salut du nouveau Routier pendant que celui-ci passe sur la route libre.

Le Clan, sitôt remis au Toujours-Prêt par l'Assistant, chante l'Appel de la Route, tandis que le nouveau Routier s'éloigne.

Le C.C. Entonne l'Appel de la Route. Le Clan chant les couplets et laisse le Routier qui vient de faire son départ, changer le refrain en s'éloignant.

Version de 1952

Insigne sdf.jpg

Départ Routier [1]

Le chef, s'adressant au routier : X.... tu vas faire ton départ. Ton passage au clan t'a aidé à devenir un homme. Tu veux désormais mener ta vie à la manière et dans l'esprit des routiers. Avant de recevoir ton engagement devant la communauté, je vais te rappeler les principales exigences de la Route.

As-tu compris que pour être un homme sur lequel les autres peuvent s'appuyer, tu dois t'imposer une discipline de vie?

Le Routier : Oui.


C.C. : Veux-tu demeurer viril et sobre, n'être esclave ni de tes caprices et de ton confort, et avoir toute ta vie une âme de pauvre?

R. : Oui.


C.C. : As-tu compris, par notre amour de la nature et du camp, qu'un routier ne se paie pas de mots? Promets-tu de conformer tes actes et tes pensées aux exigences du réel?

R. : Je le promets.


C.C. : As-tu compris, par la communion à la peine des hommes, que nous avons recherchée dans nos entreprises et dans nos services que la vie est à prendre au sérieux, que tout acte d'un routier compte et engage?

R. : Oui.


C.C. : As-tu compris, à travers nos activités et nos discussions, qu'un routier a l'amour passionné de la vérité, qu'il ne se contente pas d'à peu près, ou de la possession tranquille des vérités toutes faites? Veux-tu, en toutes choses, rechercher humblement la vérité et librement la servir, sans écraser autrui sous le poids de ta découverte?

R. : Je le veux.


C.C. : As-tu compris, par la vie exigeante que nous cherchons à réaliser, qu'un routier n'est jamais satisfait de lui et ne se considère jamais comme arrivé ? Veux-tu faire aujourd'hui mieux qu'hier et demain mieux qu'aujourd'hui ?

R. : Oui, je le veux.


C.C. : As-tu compris, à travers l'amitié fraternelle et les rencontres que tu as faites, seul ou avec clan, au long de nos routes, que tout homme est un être unique, et que dans les plus disgraciés comme dans les plus obscurs, luit une étincelle divine qui mérite ton amour? Es-tu prêt à ne mépriser personne, à t'entretenir fraternellement avec chacun, à apprendre de tous?

R. : Oui.


C.C. : As-tu compris, à travers tes défaillances, que tu n'as pas à condamner les hommes, mais que tu leur dois la bienveillance que Dieu Lui-même te prodigue? Promets-tu de rechercher dans les autres, pour la gloire de Dieu, ce qu'ils ont de bon, et de les aimer pour son amour, avec leurs défauts et leurs imperfections?

R. : Oui


C.C. : Enfin, es-tu décidé, autant que tu le pourras, à t'engager dans le métier et le mariage ou dans le sacerdoce, comme dans une vocation, à les vivre comme un service du pays et de l'Eglise? ?

R. : Oui.


Le dialogue qui précède terminera normalement une veillée dont il aura fourni le thème.


Cérémonie du départ

Le Routier s'avance devant le Chef de Clan et l'aumônier, et pose son sac devant lui.


Le chef, s'adressant à tous les routiers : Êtes-vous d'accord pour que X… prenne son départ ?


Les routiers : Oui


C.C. : Que Dieu te donne la grâce de persévérer dans ton engagement. Que le péché, les désillusions, l'argent et les honneurs n'émoussent pas ta vocation. Que grâce à Dieu, tu restes toujours jeune. Entre donc en routier dans la communauté des hommes.

Le routier : Je sais que la grandeur de l'homme est sa fidélité. Connaissant ma faiblesse, je demande à Dieu sa grâce et m'engage à mener ma vie en homme et en routier Scout de France.


C.C. : Reçois ce pain, nourriture pour ta route, et signe de la solidarité humaine. Il t'invite au travail, au partage, au combat pour la justice. N'oublie pas qu'il est un autre Pain plus nécessaire encore à la vie!

Le C.C. remet au routier une boule de pain


C.C. : Reçois cette tente, abri pour ta route. Elle te rappellera que nous n'avons pas sur terre de demeure permanente.

Le C.C. lui remet une tente et le routier charge son sac.

L'aumônier met à ce moment dans le sac du routier une Bible ou un Nouveau Testament (offert par la communauté du clan si le routier n'en possède pas encore.)

C.C. : Reçois cette flamme qui dissipe les ténèbres de ta route. Cherche et rayonne la vérité, car en toi vit le Seigneur, lumière du monde.

Le C.C. lui remet une torche allumée.


C.C. : Reçois enfin ces flots portés par tous les routiers du monde. Ils évoquent ce qui, en toi, de chaque âge, ne doit jamais mourir.

Jaune, couleur des louveteaux, couleur du soleil, pour que ta joie illumine ceux qui t'entourent.

Vert, couleur des éclaireurs, de tout ce qui grandit, pour que l'espérance toujours t'entraîne plus loin.

Rouge, couleur des routiers, couleur du sang et d'amour, pour que tu n'épargnes ni l'un ni l'autre au long des jours que Dieu te donnera.

Un routier qui ne sait pas mourir n'est bon à rien, mais souviens-toi qu'il est parfois aussi difficile de vivre.

Le C.C. lui remet les flots.


Et maintenant, frère, à Dieu vat...


Le routier : Père, je ne partirai pas que vous ne m'ayez une fois encore donné la Parole de Dieu.


L'aumônier : Pars donc, nourri de la parole divine et du réconfort de ses promesses :

« Heureux ceux qui ont un coeur de pauvre, car le royaume des cieux est à eux ; heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés ; heureux ceux qui sont doux, car ils posséderont la terre ; heureux ceux qui ont faim et soif de justice, car ils seront rassasiés ; heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde ; heureux ceux qui ont le coeur pur, car ils verront Dieu ; heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu ; heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des cieux est à eux ; heureux serez-vous quand on vous maudira, quand on dira faussement de vous toute sorte de mal à cause de moi... »

Ces paroles de Vie, ne les garde pas pour toi ; annonce la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu ; donne à manger à ceux qui ont faim, à boire à ceux qui ont soif, l'hospitalité à qui frappe à ta porte, un vêtement à ceux qui n'en ont pas ; visite les malades, assiste ceux qui sont en prison ; et si tu es persécuté pour Jésus Christ, ne prépare rien pour ta défense, car ce que tu auras à dire te sera inspiré au moment même ; ce n'est pas toi qui parleras, c'est l'Esprit du Père qui parlera en toi. N'oublie jamais que ta route est un passage, par delà la vie terrestre, vers le pays de l'éternelle jeunesse, et qu'avec le peuple des créatures en marche vers l'éclatante résurrection, tu ne trouveras ton repos, après les labeurs de la route, qu'accueilli par le Père dans la radieuse cité des Saints.

Pars maintenant, derrière le Christ, l'immortel Passeur des hommes, à la joie de Dieu. Que Notre-Dame, Marie, l'Étoile du matin, te guide; l'apôtre Paul t'accompagne ; que l'innombrable foule des saints et saintes de tous les temps et de tous lieux te fasse cortège, aujourd'hui, demain, jusqu'en l'éternité.

L'aumônier termine en bénissant le routier. Routier : Amen.

Il donne une poignée de main à chacun des routiers et part.


NB. Ce texte de 1952 sera repris en grande partie, avec quelques variantes, par le Cérémonial du départ routier (SUF)

  1. annoncé dans La Route de juin 1952