Jean-Marie-Rodrigue Villeneuve

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Jean-Marie-Rodrigue Villeneuve
Jean-Marie-Rodrigue Villeneuve
2 novembre 1883 · 30 janvier 1947

Spirituel

Spirituel.

Fondateur

Fondateur.

Personnalité association des scouts du Canada

Association des scouts du Canada.

Personnalité canadienne

Canada.

Jean-Marie-Rodrigue Villeneuve, O.M.I., est un ecclésiastique québécois, né le 2 novembre 1883 et mort le 30 janvier 1947. Premier évêque de Gravelbourg en 1930, archevêque de Québec de 1932 jusqu'à sa mort en 1947 et primat de l'Eglise canadienne, il a été créé cardinal en 1933.


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Après s'être d'abord opposé au scoutisme anglais et protestant[1], à Québec le cardinal Villeneuve devient le meilleur appui des scouts du diocèse à partir de 1933. Il a été converti au mouvement par un prêtre de la paroisse Saint-Cœur-de-Marie, l'eudiste d'origine française Yves Gauthier, qui a connu les Scouts de France. Se ralliant aux arguments du Père Adélard Dugré, le cardinal Villeneuve va jouer un rôle capital dans la création de la Fédération des scouts catholiques de la province de Québec.


Circle-icons-magnifyingglass.svg Voir l’article détaillé : Histoire du scoutisme canadien-français



Se posait depuis 1928 l'épineux problème des rapports avec la Boy Scouts association canadienne qui soutient être le seul mouvement à avoir le droit de se réclamer du scoutisme au pays. La Boy Scouts avait admis de tout temps des jeunes Canadiens français dans son sein et a même accepté la formation de troupes entièrement francophones et catholiques comme à Ottawa. Mais comment y intégrer les éclaireurs canadiens-français ? Les longues et laborieuses négociations sont prises en main à partir de 1933 par le cardinal Villeneuve, gagné à la cause du scoutisme, désireux de regrouper toutes les forces canadiennes-françaises et catholiques et en même temps d'assurer la reconnaissance canadienne et partant internationale au mouvement.

Le cardinal veut aussi sans doute garder le mouvement des tendances nationalistes à la montréalaise. C'est durant l'année 1934 qu'il pose des gestes décisifs qui entraînent le déblocage. Le 5 mars, il adresse aux évêques de la province de Québec une lettre dans laquelle il résume la position commune arrêtée lors de la dernière réunion de l'épiscopat: il faut éviter de multiplier les formes de scoutisme et il faut organiser le mouvement sur des bases catholiques et non «raciales». Dans une circulaire publiée dans la Semaine religieuse le 31 mai 1934, le cardinal Villeneuve établit des statuts et règlements pour son diocèse de Québec. Cette première version des statuts et règlements du diocèse de Québec créait une structure bicéphale avec un double poste de commissaire laïc et de commissaire ecclésiastique (projet qui sera finalement abandonné).

Le 31 octobre, il annonce la création imminente d'une fédération et au début de décembre, convoque une réunion à Québec qui jettera les bases d'une Fédération des Scouts catholiques de la province. La Boy Scouts négocie avec la nouvelle Fédération et un accord est signé le 10 avril 1935 à Ottawa. Accord paraphé par Baden-Powell en personne à l'archevêché de Québec le 27 mai suivant, consacrant la création de ce scoutisme catholique et canadien français, inspiré et soutenu par les Scouts de France[2]. Mais il faut remarquer que cette nouvelle Fédération est limitée à la province de Québec[3]. Certains comme le chanoine Groulx[4] verront dans cette reconnaissance plus une perte qu'un gain. Et des diocèses garderont leur scoutisme particulier, comme avec l'évêque de Valleyfield (Voltigeurs de Salaberry).

En 1945, les scouts catholiques d'Ottawa[5] demanderont le rattachement à la Fédération après qu'on leur eût refusé un statut particulier. Le problème ne sera résolu définitivement qu'en 1972 avec la création d'une Association des Scouts du Canada, ouverte aux canadiens français de l'ensemble du pays.

La Fédération des scouts catholiques de la province de Québec a donnée au cardinal Villeneuve le titre de "chef-scout"[6], et il fait effectivement des interventions de poids en faveur de son mouvement. Ainsi le 11 novembre 1938 au Cercle universitaire de Montréal, une causerie historique[7] dans laquelle il défend le scoutisme pratiqué par ses scouts catholiques. Un scoutisme authentique, c'est-à-dire fidèle à la méthode Baden-Powell; intégralement catholique et «conforme à notre caractère ethnique». Le Cardinal défendit toujours le scoutisme des accusations de naturalisme.


Notes et références


  1. Le P. Jean-Marie-Rodrigue Villeneuve, o.m.i., à l'époque directeur de scolasticat à Ottawa, dans Le Semeur n°3 d'octobre 1919, p. 42. recommandait alors pour l'ACJCF la plus grande prudence «A propos des Boy Scouts»...
  2. On peut en trouver l'explication et le texte à la fin de la brochure du P. Oscar Bélanger le Scoutisme Sa valeur éducative (1935).
  3. Mgr Baudoux soutient dans une lettre de 1960 conservée dans les archives de la FSQ que Villeneuve s'était d'abord engagé à créer une Fédération pour tous les Canadiens français. En 1935, Villeneuve fait expliquer à l'abbé Hébert d'Ottawa qu'il faut créer vite la Fédération et qu'on ne peut attendre l'adhésion de tous les évêques du Canada.
  4. Dans ses mémoires Lionel Groulx écrit que «l'intégration n'offrait aucun intérêt financier, nul autre avantage que d'arborer désormais l’Union Jack et d'accepter le costume kaki» (tome 4, p. 21). Et le chanoine de blâmer le cardinal Villeneuve...
  5. Lettre de Laflamme à Hébert, Québec, 18 janvier 1935, conservée au district des Scouts d'Ottawa.
  6. Le Conseil provincial du 5 octobre 1951 proposera plus que le successeur de Villeneuve Mgr Roy, archevêque de Québec soit nommé plutôt «grand aumônier».
  7. Ce discours sera plusieurs fois reproduit, comme dans un numéro de la Revue dominicaine consacré au scoutisme et repris en un volume en 1938 sous le titre Le Vrai Visage du scoutisme, et dans la revue des chefs Servir, mars 1947, p. 103-113 (ce numéro étant un hommage à la mémoire du Cardinal Villeneuve qui venait de mourir).