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Une histoire pour des petites ailes

De Scoutopedia
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Voici une histoire portant un cadre symbolique ayant été utilisé à la branche des petites ailes, branche cadette de la FFE. Mais il ne s'agit pas encore de celle de Brimbelle.

Les sept filles, le coffret et la main d'ivoire

En jouant dans le bois qui entourait le château du roi, les sept filles de Pierre le Bûcheron trouvèrent, un matin, un petit coffret, dont elles essayèrent en vain d'ouvrir le couvercle.

—Crois-tu qu'il contienne un trésor ?
— Oh, non, il n'est pas assez lourd !
— Allons le porter à l'orfèvre du roi ; il nous l'ouvrira.
— Non, non : il est trop curieux.
— Montrons-le à maman, elle pourra peut-être nous aider, suggéra Nicole, la toute petite.
— Oui, c'est une idée.

Le joyeux groupe s'éloigna vers le château et le village et ne vit pas un petit elfe, qui, après trois pirouettes dans l'herbe, disparaissait parmi les reines-des-prés odorantes, les sauges et les joncs, tout en chantonnant :

— « Ah ! Oh ! Que vont-elles trouver dans le coffret ? C'est un secret vieux comme le monde ! Tra la la ! Un secret ? Mais je le connais. Tra la la, tra la la ! Cela va être amusant de voir laquelle comprendra la première. Mais les filles sont bêtes ; si on m'avait écouté, c'est au petit Luc que l'on aurait donné le coffret. »

Or, le matin même, dans l'herbe du jardin, la maman des sept filles avait trouvé une petit clef, couverte de rosée, brillante comme une baguette de fée. Elle la proposa aux fillettes…

Ah ! comme le cœur des sept filles battait, tandis que la petite clef tournait dans la serrure ! Enfin le couvercle s'ouvrit.

À l'intérieur, elles découvrirent un dé d'argent, un anneau d'or, et une main d'ivoire grande comme le pouce. Désappointées, les fillettes soupirèrent : « Que faire de tout cela ? »

— Moi, dit Cécile, je prends l'anneau ; je suis la seule en âge de porter des bijoux.
— Moi, le coffret pour ranger mes affaires.
— Donnez-moi le dé pour faire de la broderie, supplia Chantal la maladroite, à qui maman refusait toujours l'honneur de manier les fils fins.
— Qui donc prendra la main ? demanda Cécile.

Ce fut Chantal qui répondit : « Moi, si personne n'en veut. »

Et la vie reprit, paisible, dans la maison de Pierre le Bûcheron. Chantal, le dé d'argent au doigt, se mit à l'œuvre et chacun s'émerveilla et s'étonna en secret, car la broderie était belle et régulière : « C'est facile avec mon dé », pensait Chantal.

Cécile mit aussitôt l'anneau d'or fin mais c'était un anneau exigeant. Impossible avec lui de paresser ou de faire son travail à moitié. Si d'aventure Cécile s'y hasardait, aussitôt l'anneau lui serrait le doigt si fort que la douleur était bientôt pire que le travail à faire. C'est ainsi que Cécile devint une bonne ménagère car, à aucun moment, il ne lui vint à l'idée de se séparer de l'anneau dont elle était si fière.

Les sept filles se demandèrent longtemps à quoi pouvait bien être utile la main d'ivoire. Mais rien ne semblait montrer qu'elle pût servir.

Un soir, Nicole joua comme le font les chatons avec les fils multicolores de Chantal et, quand celle-ci arriva, elle se lamenta :

— Oh ! qu'as-tu fait ? J'en ai au moins pour trois soirées à démêler tout cela !

Et comme il était l'heure d'aller au lit, Chantal remit prestement tous les écheveaux dans le panier, ainsi que le dé d'argent et la main d'ivoire.

Le lendemain, au moment de reprendre son ouvrage, elle poussa une exclamation de surprise, incrédule : « Qui donc a démélé mes fils précieux ? »

Personne ne répondit…

— Qui donc ? Cela n'a pu se faire seul ?
— Peut-être est-ce la main d'ivoire ? s'avisa la toute petite, toujours prête à croire au merveilleux.

Et, ma foi, les événements semblèrent lui donner raison. Laissait-on la main sur le meuble ? Le lendemain, on le retrouvait ciré ; près de la vaisselle ? Elle était lavée, essuyée, sans que personne n'eût bougé le petit doigt.

Alors, on n'entendit plus qu'une chose, du matin au soir, dans la maison :

— Chantal, prête-moi la main pour traire la chèvre.
— Chantal, prête-moi la main pour repasser le fichu de maman.
— Prête-moi la main pour arracher les mauvaises herbes.

Et elle en faisait du travail, la petit main d'ivoire, toujours silencieuse, toujours mystérieuse !


Ce fut un beau matin de mai que la catastrophe arriva. La maison de leur voisin, Christian Lepelé, prit feu ; en quelques minutes, il ne resta plus que cendre et charbon. Alors, les sept filles se réunirent près de la source et tinrent conseil.

Couché dans l'herbe, le lutin écoutait et ce qu'il entendit lui fit plaisir.

— Que pouvons-nous faire ? demanda Cécile.
— Donner la moitié de nos vêtements ? dit l'une.
— Partager nos desserts ?
— Leur prêter la main d'ivoire ? suggéra Chantal. Elle aiderait à faire des fagots pour cet hiver, à cultiver le jardin et peut-être à rebâtir la maison.

La toute petite se mit à pleurer sans bruit.

— Mais qu'as-tu donc ? s'inquiéta doucement Cécile.
— J'ai…, j'ai…
— Quoi ? Qu'as-tu ?
— J'ai laissé tomber la main d'ivoire dans l'étang, ce matin.

La consternation se peignit sur tous les visages. La main d'ivoire… perdue ! Alors que l'on avait tellement besoin d'elle !

— Impossible de la prêter, conclut l'une des sœurs.
— Ah ! mais alors, que faire ?
— Après tout, murmura philosophiquement Chantal, ce n'était qu'une tout petite main. Et ce qu'elle faisait, ne pouvons-nous le faire aussi ?
— Assurément, s'exclama Cécile.
— Impossible de prêter la main d'ivoire ; mais si nous prêtions chacune nos deux mains ?
— Oui ! Oui !
— Moi, je ne veux pas me couper les mains, sanglota la toute petite.
— Grande sotte, tu n'auras qu'à aller avec elles !
— Vous, décréta Cécile, vous irez au bois faire des fagots et récolter la fougère. Vous, qui êtes plus fortes, vous aiderez Christian à transporter les matériaux pour rebâtir la maison. Toi, Chantal, tu feras la couture. La toute petite viendra avec moi et nous ferons tout ce que nous pourrons.

Ainsi fut fait, les sept filles travaillèrent de bon cœur pendant bien des jours. Et elles devinrent très vite les amies des enfants de Christian Lepelé, à tel point qu'elles finirent par se réjouir de la perte de la main d'ivoire qui les avait obligées à venir « prêter la main » elles-mêmes. Du matin au soir, elles riaient, chantaient, bavardaient ; et leurs mains travaillaient. Et Christian Lepelé reprenait espoir.

Une nuit, un petit lutin entra dans la maison des sept filles, prit dans un tiroir un coffret à clef brillante, un dé d'argent dans une corbeille, et se sauva en entendent remuer Pierre le Bûcheron. C'est pour cela que Cécile garda son anneau, mais il n'eut jamais plus besoin de lui serrer le doigt.

« Elles ont tout compris, s'étonnait le petit lutin en regagnant les prés, et pourtant ce ne sont que des petites filles ! »

Si tu veux toi aussi « prêter la main », deviens petite aile