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Tutoiement

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Dans le scoutisme francophone contemporain, le tutoiement revêt une signification particulière car il marque la fraternité et la proximité entre les jeunes mais aussi entre les jeunes et les chefs. Pour des raisons linguistiques, le tutoiement n'existe pas ou plus dans le monde anglophone (sauf dans la Bible du roi Jacques).


Dès les années 1916-1917, le tutoiement est en cours de généralisation chez les éclaireurs unionistes, ce qui dans le contexte social de l'époque doit être remarquable et remarqué. Néanmoins, en 1932, le Général de Salins vouvoie Georges Tisserand et dans le cérémonial d'investiture des cheftaines Guides de France, le tutoiement est proscrit.


Voici un souvenir de l'écrivain Jean Raspail sur la fin des années 1930 :

« Je me souviens de ma surprise quand je m’étais aperçu, à onze ans, qu’il me fallait tutoyer cet imposant personnage en culottes courtes qui devait bien avoir trente ans, et qui s’appelait le scoutmestre, et qu’à l'intérieur de la troupe tout le monde se tutoyait aussi avec une sorte de gravité. Mais il s’agissait là d’une coutume de caste, d’un signe de reconnaissance réservé aux seuls initiés, comme la poignée de main gauche, l’engagement sur l’honneur, et les scalps de patrouille, car le scoutisme avait alors le génie de l’originalité, une soif de singularité forcenée, dont nous n’étions pas peu fiers. On se distinguait nettement de la masse, on s’élevait par degrés à l’intérieur de cette nouvelle chevalerie, mais il fallait s’en montrer digne. »


Après la seconde guerre mondiale, le tutoiement est fréquent à l'intérieur des mouvements et il se développe même spontanément entre scouts d'associations différentes. Depuis les années 1960, le vouvoiement ne concerne plus que des cas individuels, ou des groupes d'institution.