Mai 68 des éclés

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Le terme Mai 68 des éclés fait référence à une période de bouleversements internes et de réformes au sein des Éclaireuses et Éclaireurs de France (EEDF) qui s'est déroulée principalement entre 1971 et 1985. Cette période est souvent comparée aux événements de Mai 1968 en France en raison de son caractère révolutionnaire et de son impact profond sur l'organisation et la culture des EEDF. Elle culmine avec les Assises de 1974 à Avignon, un événement clé dans l'histoire de l'association.

Contexte historique[modifier | modifier le wikicode]

Les EEDF sont issus de la fusion en 1964 des Éclaireurs de France (EDF) et des Éclaireuses de France (FFE). Dans les années 1960 et 1970, l'association, comme beaucoup d'autres en France, est influencée par les mouvements sociaux et les idées progressistes de l'époque. Mai 1968, en particulier, marque une transformation des mentalités et des attentes, en particulier parmi les jeunes.

Les prémices des réformes (1971-1973)[modifier | modifier le wikicode]

Le début des années 1970 voit émerger des tensions au sein des EEDF. Les pratiques locales évoluent de manière hétérogène, reflétant des divergences idéologiques et méthodologiques. Un moment marquant est le camp national route de Cantobre en 1971, qui rassemble de nombreux jeunes éclés et sert de catalyseur pour des discussions nationales.

En 1972, lors de l'Assemblée générale à Paris, les divergences éclatent au grand jour. Les jeunes responsables et routiers organisent une pré-Assemblée générale pour discuter et débattre des orientations futures de l'association. Cet événement est perçu par certains comme le prélude à des bouleversements plus profonds.

Les Assises de 1974[modifier | modifier le wikicode]

Face aux tensions croissantes, l'équipe nationale, menée par Claire Mollet et Émile Gagnon, met en place un dispositif inédit de concertation nationale en 1973, préparant les Assises de 1974 à Avignon. Ces Assises visent à rassembler tous les membres de l'association pour débattre des grandes questions et fixer les orientations futures.

Les Assises d'Avignon réunissent environ 2000 participants de plus de 16 ans. Organisées autour de commissions thématiques, elles permettent une large discussion et l'expression de toutes les sensibilités présentes au sein des EEDF. Les débats, animés et souvent passionnés, aboutissent à une série de propositions qui sont présentées à l'Assemblée générale de 1974 à Saint-Pierre-des-Corps.

Conséquences et héritage[modifier | modifier le wikicode]

Les Assises de 1974, bien qu'elles n'aient pas résolu toutes les tensions, marquent un tournant dans l'histoire des EEDF. Elles permettent de structurer le débat interne et de formuler des orientations claires pour l'avenir de l'association. Les années qui suivent voient la formation de différentes tendances au sein de l'association, reflétant la diversité des opinions et des pratiques.

L'impact des Assises se fait également sentir sur les individus qui y ont participé. De nombreux jeunes éclés de l'époque poursuivent des carrières engagées, tant au sein de l'association que dans la société civile, influencés par cette expérience formative.

Conclusion[modifier | modifier le wikicode]

Le "Mai 68 des éclés" représente une période de profond changement et de remise en question pour les Éclaireuses et Éclaireurs de France. Les Assises de 1974 en sont le point culminant, offrant un espace de dialogue et de co-construction pour l'ensemble des membres. Cet épisode demeure un exemple significatif de la capacité d'une organisation à s'adapter et à évoluer en réponse aux aspirations de ses membres[1].


Notes et références


  1. Owen Poirier, Le « mai 68 des éclés ». Les Éclaireuses, Éclaireurs de France et les Assises de 1974 (1971-1985), mémoire de master 1 - Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, 2023.

Voir aussi[modifier | modifier le wikicode]