Historique de la pédagogie Jeannette

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La méthode Jeannette a été officiellement créée par les guides de France en 1927. Les jeannettes sont la branche cadette de cette association de 1927 à 2004.

Aux origines

Bien avant le lancement des Jeannettes, Baden-Powell avait déjà proposé une pédagogie pour les filles qu’il a appelées « Brownies » (terme traduit par "Guidelets" en 1923 dans le sous-titre des premières éditions du Livre des éclaireuses, ou plus couramment par Lutin). En 1924 les Brownies (habillées en brun) sont déjà 60.000 en Grande Bretagne, alors qu'à la même époque on les compte tout juste par centaines en Europe continentale (Belgique, Danemark, Suisse). En quatre pages, BP adapte l'histoire de Juliana Horatia Ewing : une petite fille entraîne son frère dans une forêt la nuit, dans sa quête elle interroge "Chouette brune" qui l'invite à se découvrir elle-même dans le miroir de l'étang sous la lune.

En France, dès 1920, la première pédagogie mise en place spécifiquement pour les filles s’appellent « les Petites Ailes » au sein de la Fédération Française des Eclaireuses, mais sans histoire spécifique avant 1947. Les Envolées de "P.A." suivront alors dans la forêt la petite Brimbelle, sous la protection de Chouette Brune, où elle rencontre une foule d'animaux...

De 1923 à 1927 : une pédagogie officieuse

L'association des guides de France se crée en 1923. Le livre des jeannettes par Marguerite Perroy en 1925 fut un premier essai qui officialise le choix de la petite Jeanne de Domrémy. Mais le cadre symbolique de l'histoire fut assez vite récusé et sera remplacé par celui de la Forêt bleue écrit par la Cheftaine Marie Diémer.

Le livre raconte l'histoire de France, une petite fille très désobéissante. Sa mère lui demande d'aller porter du beurre et des œufs à sa grand-mère, elle rechigne, mais s'y rend. Pour cela, elle doit traverser la forêt. Elle y croise une vieille femme qu'elle n'aide pas. Elle y croise aussi une fillette du nom de Jeannette nouvelle dans la région, et également le Loup. Ce dernier lui indique un mauvais chemin et court prendre la place de la grand-mère, bon vous connaissez la suite..
Mais là c'est Jeannette qui vient au secours de France et met en fuite le loup !
Les fillettes font connaissance. Jeannette parle de son amie Hauviette. Longue description de Jeannette, enfant pieuse (elle sauve France du loup par un signe de Croix) , aidant sa famille dans les tâches ménagères, agréables, dociles et obéissantes.
Jeannette devient un exemple pour France. Suivent les descriptions de Jeannette en classe, qui se laisse accuser à la place d'une camarade, etc
Petit à petit on comprend que jeannette fait partie d'un groupe de petites filles menées par une jeune fille Hauviette, et qui se placent sous le patronage de Ste Jeanne d'Arc qu'elles veulent en tout point imiter.
Le groupe se réunit souvent en forêt (on en a chassé le loup) et Hauviette compare les petites filles de France à de jolies fleurs blanches et pures qui " poussent" bien droit.
France déclare alors qu'elles se nommeront les Jeannettes de France ! Hauviette place alors sur leur béret une fleur blanche.

Un jour que France et Jeannette gardent leurs petits frères, l'un d'entre eux par jeu déclenche un feu. En voulant le sauver, Jeannette meurt dans les flammes. Sur son lit de mort, Jeannette fait promettre à France d'être une bonne Jeannette en suivant les 4 points de la promesse énoncés plus haut. Hauviette promet de s'occuper de France.
"Sous la bénédiction de Jeanne d'Arc, à l'heure même où Jeannette finissait en ce monde sa vie brève et merveilleuse, celle des Jeannettes commençait "

La Loi des jeannettes

Les jeannettes écoutent Hauviette
Les jeannettes ne s'écoutent jamais et s'aiment comme des sœurs

Les maximes

Une jeannette pense d'abord aux autres
Une jeannette dit toujours vrai
une Jeannette est toujours gaie
Une Jeannette est toujours propre
Une Jeannette est réservée
Une Jeannette remplit soigneusement les missions qui lui sont confiées

La Promesse

Pour plaire à Dieu je m'engage

  • à bien faire ma prière du matin et du soir
  • à obéir promptement à mes parents
  • à faire chaque jour un plaisir à quelqu'un
  • à observer la loi et les maximes des jeannettes

1927: Création officielle des Jeannettes

Marie Diémer, chargée de la proposition de la pédagogie Jeannette, ne jugera pas du tout satisfaisant les prémices de la pédagogie proposée.

Contrairement au livre précédemment édité, Marie Diémer en écrivant la Foret Bleue en 1933 ne voulait pas figer les Jeannettes dans l’identification de Jeanne d’Arc, même si elle garde l'analogie avec son héroïne « Jeannette », une petite bergère. S'aventurant en forêt, son héroïne n'est ni un modèle, ni un contre-exemple, mais une petite fille comme les autres plongé dans un monde féerique. Sa Jeannette n'a pas besoin des conditions héroïques de l'époque de Jeanne d'Arc pour développer le courage et la débrouillardise, l’altruisme et l’imagination.

Cependant ce livre de la forêt bleue fut loin d'égaler le succès littéraire du Livre de la Jungle de Kipling. Et les Guides de France n'eurent pas l'effectif équivalent de celles de la Grande-Bretagne ; en 1936 par exemple on y comptait 193.000 Brownies pour seulement 2.300 Jeannettes en France.

La progression présentée dans le livre de la Forêt bleue

  • Entrée dans la Forêt

Pour entrer dans la forêt bleue, il faut traverser un ruisseau, mais Jeannette doit montrer qu’elle connait et suit la loi de la Forêt. C’est en réussissant brillamment cette épreuve qu’un pont magique fait de fleurs apparaitra et lui permettra d’atteindre l’autre rive et de rejoindre la ronde.

La fée nommée dans l’histoire « joyeuse » qui dirige la ronde invite Jeannette à ouvrir les yeux et les oreilles et découvrir et comprendre le grand jeu de la Forêt.

Elle aura aussi de nombreuses explications par la « chouette » sur la cueillette des fleurs fées.

  • Premier sentier

Jeannette est guidée par 2 articles « une Jeannette est toujours propre », « une jeannette est toujours active. » Les histoires portent sur les aspects extérieurs, le fonctionnement des choses, les questions existentielles.
Ainsi dans le livre de la forêt bleue pour être propre on raconte comment les hermines sont devenues Blanche en ne voulant pas se salir et pour être active c’est l’histoire d’une ruche et de son fonctionnement. Jeannette trouvera sa fleur bleue semble-t-il près du ruisseau.

  • Deuxième sentier

Là aussi Jeannette sera guidée par 2 articles « une jeannette est toujours gaie », « une Jeannette dit toujours vrai »

Les histoires portent plus sur le fantastique. Les chapitres portant sur le deuxième sentier ont beaucoup de référence culturelle.
« Une jeannette est toujours gaie » nous parle de l’alouette. Le début ressemble un peu à un évangile apocryphe. Car selon l’histoire l’alouette aurait été crée par Jésus enfant. Le conte continue en citant un nombre impressionnant de personnes plus ou moins saint.
« Une jeannette dit toujours vraie » nous parle notamment complot organiser par quelques animaux de la forêt bleue pour nuire aux filles de la ronde, particulièrement à une pauvre petite orpheline. Dans ce chapitre on parle de conseil.
C’est d’ailleurs sur le deuxième sentier que les Jeannettes peuvent participer aux conseils de ronde. Dans le chapitre « la fleur blanche » notre Héroïne Jeannette est actrice de l’histoire. Elle part à la recherche de la fleur blanche, mais malheureusement une partie des animaux de la Forêt Bleue l’enlève, et elle est emmenée chez un ogre. Heureusement d’autre plus gentil, surtout des habitants fantastiques «le petit Poucet » ou culturel comme «  de la Fontaine » sauveront Jeannette. Elle continuera sa marche seule dans la forêt, ou elle rencontrera la fée Morgane qui essayera de la duper en lui faisant apparaître des fleurs. Mais Jeannette comprend que ce n’est que des illusions, que c’est un bonheur trop facile. Joyeuse lui avait donné un autre indice elle se trouve dans la « maison qui rit ». Elle la cherche désespérément, c’est la « dame du lac » qui lui dira de regarder dans le lac. Jeannette y verra sa maison. En sortant de la Forêt, elle découvrira sa fleur blanche au palier de sa maison.

Cette histoire fantastique est une longue référence aux contes, aux poèmes, aux légendes et aux mythes qui hantent nos forêts. Cette histoire montre le potentiel culturel qu’a la forêt, que la forêt ne se borne pas juste à des arbres et des animaux.

  • troisième sentier

Jeannette est guidée par 1 article de la loi « une Jeannette penses d’abord aux autres »
Les histoires sont plus réalistes et parlent des hommes. Jeannette cherche à prendre de la hauteur en atteignant les points culminants de la Forêt bleue.
Jeannette découvrira sa fleur d’or dans la crèche.
« Si la fleur bleue et la Fleur Blanche s’ouvrent aux jardins de la terre, la fleur d’or, la plus belle de toutes, ne fleurit qu’au Paradis » p237 le livre de la Forêt Bleue

  • Après la fleur d’or

« La Forêt Bleue t’a dit tous ses secrets, Jeannette. Te voici bientôt assez grande pour t’en aller loin de son ombre, loin du murmure de ses contes … » p238 le livre de la Forêt Bleue
Joyeuse l’accompagne jusqu’au fin fond de la forêt, dans un endroit que personne ne connaît ou il n’y a pas de sentier. La forêt s’arrête par un grand mur. Joyeuse lui ouvre la porte franche qui ouvre sur la montagne, ou Jeannette aperçoit les guides. Une autre aventure commence.
La fleur d’or n’était pas facile à obtenir, mais on recommandait de ne pas la donner le dernier jour du dernier camp.

La proposition pédagogique de Marie Diémer

  • Elle proposait un cadre symbolique qui se composait :
  • D’un imaginaire : la forêt, mais merveilleuse, c’est pourquoi il a été rajouté le mot bleu. C’est la forêt des histoires et des contes populaires.
  • Et d’un cadre spirituel bien distinct : l’enfance de Jeanne d’Arc.
  • Les jeannettes vivent en ronde. Les sizaines portent des noms de couleur.
  • Leur local s’appelle la hutte. C’est une cabane simple et ronde. Elle fait référence aux premières habitations des Hommes ou habitation humble des contes de fées comme la maison du petit Poucet selon Marie Diemer.
  • Les jeannettes ont comme mat et emblème de ronde sur lequel on accroche les flots de progression, une Houlette. La houlette fait référence au bâton de berger.
  • Les conseils sont le conseil de ronde servant à organiser des activités, le conseil de sizeniére-seconde pour évaluer l’ambiance de la ronde.
  • Les cheftaines sont des fées. Elles portent le nom secret, c’est une qualité telle que « Joyeuse », « prudence ». Ce nom a été choisi par la ronde en conseil de ronde. Ce nom est temporaire une année, il l’a pour donner une direction aux jeannettes ou elles peuvent s’améliorer.
  • Il y a un seul secret, il s’appelle le grand secret ou l’on révèle le nom secret de la cheftaine aux jeannettes qui prononce leur promesse.
  • Marie Diemer propose 3 sentiers de progression, elle donne seulement des articles de la loi comme guide.

Le livre de la Forêt bleue paraitra au fur et à mesure dans le journal des Guides de France. Puis sera finalement édité en 1933. Par la suite paraitra en 1935 le premier carnet des Jeannettes.

De 1945 à 1966 : lente rénovation de la pédagogie Jeannette.

  • Après 1945 : la valeur pédagogique de la méthode Jeannette est remise en question. On ne veut plus de « « gentilles filles, mais de filles solides, physiquement et moralement » (Le 24 avril, les femmes votent pour la première fois) dit Jeanne Boucher commissaire national Jeannette. À partir de cette époque, c’est le début de l’approfondissement de la pédagogie Jeannette. On met en avant le courage, la joie et la beauté que détient le Livre de la Forêt bleue.
  • Automne 1946 : La branche jeannette n’est plus considérée comme la section préparatoire des guides, à partir de cette époque on crée donc une équipe nationale pour la jeannette, par conséquent la branche devient plus autonome. C’est aussi les premières publications du journal Jeannette. A cette époque on comptabilise à peu près 50 000 adhérents chez les guides de France.
  • 1947 : évolutions des statuts des Guides de France du à l’implantation de plus en plus fort dans les milieux non pratiquants :

Les guides de France peuvent dorénavant accueillir des non-pratiquants, elles restent ouvertes à tous : c’est aux cadres qu’il est demandé une adhésion à l’Église catholique. On recommande alors aux cheftaines une collaboration avec les jeannettes, on veut éveiller la conscience morale de l’enfant en tenant compte de son rythme.

Le livre Bleu reste plus que tout le moyen d’éveil spirituel : image de la Création. Pour Jeanne Boucher, commissaire de l’équipe nationale, les trois fleurs rappellent de manière adaptée les exhortations de Saint Paul (Ph4, 4 et Th5, 18). On délaisse l’instruction religieuse pour mettre en avant des temps de prière actifs comprenant des chants et des mimes. L’accent est mis sur l’attitude du cœur plutôt que sur les connaissances.

  • 1948 : publication d’un carnet présentant de façon attrayante les efforts pour cueillir chaque Fleur.


  • 1952 : publication d’un carnet de « signe ».


  • En 1953, les Jeannettes peuvent camper sous la tente. Auparavant, elles dormaient dans des bâtiments (On disait qu’elles cantonnaient).
  • 1954 : La « Forêt Bleue » devient « la Forêt » et l’héroïne n’est plus une bergère, mais une petite fille anonyme. L’histoire reste tout de même très proche de la « Forêt Bleue ». Dorénavant la Forêt est bien plus l’image de la Création, c’est l’image du Royaume de Dieu que sont appelées à construire les Jeannettes.

Pour rendre plus concrète l’image de la Forêt, il n’y a plus un secret, mais trois secrets. Ces trois secrets sont une réalité à vivre : « tu peux dire oui, tu peux dire non », « ce qui compte le plus est au fond du cœur », «  une jeannette pense d’abord aux autres ». Chaque secret est lié à un sentier et à un symbole (eau, feu, repas) représentant les sacrements (le baptême, le sacrement de réconciliation, l'eucharistie).

  • 1959 : publication du carnet de progression du premier sentier, nouvelle prière des jeannettes.


  • 1960 : publication du carnet de progression du deuxième sentier.


  • 1961 : publication du carnet de progression du troisième sentier.


  • 1963 : parution de Jeannette de Domrémy écrit par le père Jean Debruynne (aumônier de la Branche à partir 1957). Jean Debruynne raconte l’enfance de Jeanne d'Arc de façon biographique tout en utilisant la progression Jeannette comme structure du livre. Il présente Jeanne d’Arc comme une petite fille ordinaire facilement identifiable pour des petites filles. Ce livre est conçu pour être vécu, car il est source d’activités, mais il a aussi une grande portée spirituelle. Il y a alors 65 764 cotisants chez les guides de France, on est à l'époque du Concile Vatican II.
  • 1966 : Parution des Clefs de Forêt : documents de synthèse sur la pédagogie Jeannette. On y retrouve la somme des travaux menés jusqu'à présent sur la psychologie de l’enfant, la place de la cheftaine, l’éveil spirituel, la découverte de l’environnement. C’est l’année aux guides de France où la branche guide n’accepte plus que les 12-14 ans : c’est la branche des préadolescentes et parallèlement création de la branche caravelle (14-16 ans). On abandonne les guides ainées pour créer les « jeunes en marche » (branche ainée mixte) avec les scouts de France (que les scouts de France abandonneront en 1975 pour crée leur propre branche les compagnons.


Synthèse de l’évolution de la pédagogie Jeannette

Cadre symbolique affirmé et renforcé

  • L’imaginaire des jeannettes : La Forêt bleue devient la Forêt. Les guides de France ne veulent plus figer les Jeannettes dans le monde des contes de fées, mais veulent aussi préparer les Jeannettes à la réalité de la vie. On propose un imaginaire plus réaliste, et d’approfondir les connaissances sur la nature. De nombreuses fiches techniques et un livre qui aideront les cheftaines à faire vivre la Forêt dans la ronde. Les jeannettes peuvent aussi camper.
  • Le cadre spirituel reste l’enfance de Jeanne d’Arc. Il ne devient pas l’imaginaire comme beaucoup le pensent. Les GDF renforcent simplement les moyens pour les cheftaines de faire vivre dans la ronde l’enfance de Sainte Jeanne d’Arc. La spiritualité est proposée de manière plus ludique, elle devient moins une somme de chose à apprendre. Les GDF veulent que les jeannettes perçoivent les valeurs que leur transmet la vie de leur Sainte Patronne. Il est donc hors de question de mettre comme imaginaire Jeannette de Domrémy et lui faire vivre des aventures qui ne seraient pas les siennes. Paraitra notamment « Jeannette de Domrémy », « Pourquoi Jeannette de Domrémy ? » un livre outil avec des idées d’activités et un index utile, écrit par le père Jean Debruynne.
  • Les noms secrets des cheftaines ne sont plus proposés. Les cheftaines n’ont plus du tout de nom.
  • La houlette reste le mât de la ronde.
  • Les sizaines gardent le nom de couleur.
  • Le local s’appelle toujours la Hutte.
  • Les jeannettes vivent toujours en ronde.
  • Le conseil de ronde est plus que tous mis en valeur, symbole de l’action dans la ronde. C’est par lui que tout projet de ronde se fait. Il permet aussi de faire progresser. Les GDF le réaffirment en publiant une fiche technique sur lui et en parlant dans « clé forêt ».
  • Une nouvelle prière est créée, c’est celle que nous connaissons aujourd’hui.

Une progression renforcée

C’est à cette époque que l’on trouve un carnet par sentier, plus un carnet de signe.

  • Vers la fleur bleue (1°sentier)
  • Reste :
  • Une jeannette est toujours propre
  • Une Jeannette est toujours active

On cueille sa fleur quand la jeannette est prête à prononcer sa promesse. La remise de la fleur bleue se fait pendant la cérémonie de promesse.

  • On ajoute
  • L’eau
  • Le baptême
  • Le secret : une jeannette peut dire oui, une jeannette peut dire non (le secret renforce le choix que la jeannette devra faire en faisant sa promesse)
  • Vers la fleur blanche (2° sentier)
  • Reste :
  • Une jeannette est toujours gaie
  • Une Jeannette est toujours vraie
  • On ajoute
  • Le feu
  • Le réconciliation
  • Le secret : ce qui compte le plus est fond du cœur.
  • Vers la fleur d’or (3°sentier)
  • Reste :
  • Une jeannette pense d’abord aux autres
  • On ajoute
  • Le repas, le pain
  • L’eucharistie
  • Le secret : Une jeannette pense d’abord aux autres.
  • Après la fleur d’or

Les GDF réaffirment l’importance d’avoir des fleurs d’or dans la ronde, car se sont elles les moteurs de la ronde. C’est elle qui feront les bonnes sizenières.

Rapport à la forêt

Sur chaque sentier les GDF feront un rapprochement avec la réalité de la Forêt. C’est la Forêt qui éveille aux valeurs du sentier. A la différence de ce que proposait Marie Diemer, les rapports son plus réaliste, et plus par rapport à l’étude de la nature.

Historique GDF

Dans les années 1988, les GDF referont évoluer la pédagogie Jeannette.

  • Les sentiers restent les mêmes avec les articles de la loi, le symbole, le sacrement.

On rajoute des animaux pour le premier sentier : Poilroux l’écureuil, pour le deuxième sentier : Nuit-Claire la chouette, et Lascar le chien pour le troisième sentier.

Sur chaque sentier sera rajouté le nouvel article de la loi « Une jeannette est amie de Jésus ».

  • Les Jeannettes ne se vivent que sur 3 ans, de 8 à 11 ans. La fleur d’or se donne plutôt la dernière année.
  • Les GDF fortifient les symboles en donnant de nombreuses activités pour les faire vivre. La remise de fleur est moins formelle et laissée plus aux jugements des cheftaines.
  • Une nouvelle loi :
  • Une jeannette est propre
  • Une Jeannette est active
  • Une jeannette est gaie
  • Une Jeannette dit toujours vrai
  • Une Jeannette pense d’abord aux autres
  • Une Jeannette est amie de Jésus

Les GDF suppriment le « toujours » quand elle pense que cela n’ai pas forcément toujours vrai et que cela peut être contradictoire avec de « notre mieux ».

Les GDF renforcent leur démarche catholique en écrivant une nouvelle loi à vocation spirituelle.

  • Une nouvelle promesse :

Je promets de faire de mon mieux pour aimer Dieu, connaître mon pays, dire oui à la loi de la ronde, faire chaque jour un plaisir à quelqu’un et apporter la joie à la maison

  • Le salut change, la jeannette salue les 2 doigts serré comme les lutins ou les Brownies.
  • Les jeannettes gardent leurs prières, mais dis-tu à la place de vous.
  • Cadre symbolique :
  • Cadre imaginaire : les GDF intégreront dans les carnets de sentiers une histoire d’une petite fille s’appelant Jeannette qui vit des aventures dans une forêt. Cette histoire transmet les valeurs que les GDF veulent voir vivre sur les sentiers.
  • Cadre spirituel : « Jeannette de Domremy » n’est plu édité, on parle pratiquement plus de l’enfance de Jeanne d’Arc. Les GDF préfèrent parler de Jésus aux Jeannettes ou d’autre aventure dans la bible.
  • Le conseil de ronde est élargi à toutes les jeannettes même celle qui n’ont pas prononcé leur promesse et se fait près du grand Arbre.
  • Les sizaines prennent le nom de sizaine qu’elles veulent.

Toute cette pédagogie Jeannette Guides de France disparaîtra en 2004, lors de la fusion du mouvement avec les louveteaux Scouts de France.

Historique SUF

1971 : Création des SUF, une nouvelle pédagogie Jeannette.

  • Le cadre symbolique : Le cadre spirituel et imaginaire reste le même, les SUF choisissent Jeannette de Domrémy. Les SUF ne parlent plus de la Forêt dans le sens que l’entendait Marie Diémer ou Baden Powell. Jeannette pour les SUF ne renvoie plus qu'au surnom de Jeanne d’Arc.
  • Dans la progression : Les SUF ajoutent une fontaine au nom de saint que Jeanne d’Arc entendait, à chaque sentier. C’est là ou les jeannettes cueillent leur fleur. A part cela les étapes de la progression reste les mêmes : (loi, symbole, sacrement, secret). Mais les SUF ne font plus le rapprochement avec la Forêt et la progression. (Alors que les GDF le feront toujours, la forêt était pour elle, pas qu’un simple mot, mais une réalité à vivre).
  • Les SUF abandonnent le nom de Hutte pour le local.
  • Ils remplacent les noms de couleurs par des noms de fleurs pour les noms de sizaine.
  • Ils remplacent la houlette par l’Arbre de mai.
  • Les cheftaines prennent le nom des amies de Jeanne d’Arc.

1992 : Réforme de la pédagogie Jeannette.

Sur demande du conseil, on demande à l’ENJ de revoir la proposition Jeannette.

  • L’ENJ fait le constat suivant :
  • la proposition Jeannette est d'une grande richesse.
  • Les cheftaines n’arrivent pas à se situer entre Jeannette de Domrémy, la Forêt et le thème : ce qui peut donner Jeanne d’Arc s’envolant avec les extra-terrestres et les jeannettes cueillant leur fleur à Domrémy.
  • Le livre de Jeannette de Domrémy n’est que très peu utilisé et à des fins spirituelles.
  • Les très rares rondes qui n’ont aucun problème pédagogique sont celles qui vivent entièrement dans la Forêt en évoquant Jeanne d’Arc comme sainte Patronne.
  • Les actions que réalise l’ENJ :
  • redéfinition de la Forêt : est un mot qui définit un espace de liberté ou on aura une place pour l’imaginaire et jeu. La forêt ne peut pas être le bois chenu, celui-ci est un lieu géographique et historique réel, forêt de sainte Jeanne d’Arc.
  • Jeanne d’Arc est redéfinie comme Sainte Patronne.
  • Au niveau de la progression le national enlève les fontaines et les remplace par des lieux de cueillettes dans la forêt: "la source" pour la fleur bleue, le "feu" pour la fleur blanche et "l’arbre" pour la fleur d’or. On crée des cérémoniaux pour la cueillette de fleurs (il n'en existait pas avant).
  • on ajoute un type de jeu, le Carrefour des sentiers pour présenter la progression par sentier aux jeannettes.
  • L’ENJ écrit un nouveau livre « il était une fois les Jeannettes ».
  • La fleur bleue se cueille à la maison.
  • Le cérémonial de la promesse se trouve sur le deuxième sentier.
  • La progression ne se fait plus avec un système d’épreuve, mais avec des idées de progression à remplir dans le carnet par rapport aux balises de sentier (loi, symbole, sacrement, secret). En revanche, les SUF ne mettent toujours pas en évidence le rapport à la forêt comme le faisait les GDF.
  • Les cheftaines hormis la cheftaine principal qui continue à s’appeler Guillemette, les autres peuvent prendre un nom de forêt en –ette. Afin de mieux dissocier cadre imaginaire et cadre spirituel, comme les louveteaux.

La volonté de cette réforme est de redonner du sens à la Forêt, qui reprend le nom de Forêt Bleue.

2007 : Contre-réforme SUF

A l'occasion des 80 ans des Jeannettes, l'ENJ fait un point sur la pédagogie.

  • Un constat :
  • un cadre symbolique très peu vécu. L’imaginaire « Forêt » n’est pas vécu et n’est pas compris par les cheftaines. De même « Jeannette de Domrémy » n’est pas vécu dans la ronde.
  • Les cheftaines sont en demande de clarification de la pédagogie. Elles pensent nécessaire l’écriture d’un livre complet.
  • Dans beaucoup de rondes, la cueillette des fleurs se fait plus selon le jugement des cheftaines que part des actions concrètes que la jeannette aurait fait, où elle pourrait être évaluée.
  • Beaucoup de cheftaines ont du mal à comprendre les sentiers et par conséquent à organiser des carrefours des sentiers. Souvent pour présenter gai on fait chanter les Jeannettes.
  • Le Conseil de ronde n’est plus appliqué dans beaucoup de rondes ou il a été détourné de son rôle premier. Dans la plupart des cas le conseil de ronde ne sert plus à mettre en action la ronde, mais sert plus à évaluer une action.
  • Les cheftaines ont une vraie difficulté à faire vivre le cérémonial promesse, notamment quand chaque sizaine prépare selon un article de loi une activité ou affiche.
  • Les actions de l’ENJ :
  • le cadre symbolique est de nouveau simplifié. L’imaginaire et le cadre spirituel sont refusionnés. La forêt devient le Bois-Chenu, les jeannettes vivent au temps du Moyen Age à Domrémy. La revue Forêt des Jeannettes aura des rubriques faisant allusion à Jeannette de Domrémy.
  • Les cheftaines ont l’obligation de prendre un nom des amies de Jeanne d’Arc.
  • L’ENJ lance l’écriture d’un nouveau livre.
  • Elle simplifie le Cérémonial de la Promesse. Il n’y a plus la partie ludique où la ronde était active. Elle réforme l’appel de la ronde.
  • Elle met en avant le conseil de sizenière-seconde, et l’on n'organise le conseil de ronde que pour des occasions exceptionnelles.
  • Les SUF parlent dès le CEP1 du carrefour des sentiers.

Rondes aux scouts de Doran

La branche cadette féminine de cette association de scoutisme catholique française a, dès ses débuts, proposée des clairières de Louvettes ou des rondes de Jeannettes (notamment sur le Groupe Notre Dame de Mérigny - Doran). Pour ce faire, les textes fondamentaux et l'essentiel des épreuves sont restés communs à toute la branche jaune, seul l'imaginaire changeant : Jungle ou Forêt.

En 2009 est sorti leur premier carnet Entrons dans la Ronde, où l'on retrouve les 3 couleurs des sentiers, les noms de fleurs pour les sizaines, Guillemette et la houlette (des GdF).

Spécificités : les novices y sont appelées avettes (abeilles) et les histoires tournent autour des noms d'animaux ou plantes de la forêt française, avec l'histoires de Zakou Guerlinguet l'écureuil (également présent sur leur insigne de fleur aux couleurs de la sizaine).

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