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Franc-maçonnerie et scoutisme

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Les deux organisations - Franc-maçonnerie et scoutisme - ne sont pas sans liens, au moins apparents : rôle social, place du symbolisme et des rituels ainsi que des éléments de vocabulaire. La principale différence réside dans les publics concernés : enfants et adolescents dans le scoutisme, adultes dans la maçonnerie.

En Grande Bretagne

Baden Powell n'est pas franc-maçon[1], mais il a côtoyé durant sa carrière des loges militaires, associations à but de sociabilité et de bienfaisance (les loges régimentaires étaient courantes dans l'empire britannique). Par ailleurs, quelques principes du scoutisme et de la maçonnerie sont communs ou voisins : service du Roi et du Pays, croyance en Dieu ou un Être Supérieur, bien commun et aide du prochain. Le vocabulaire est parfois étonnamment proche : louveteau par exemple[2] avec les références de Rudyard Kipling. Et l’ésotérisme permet d'afficher des filiations parfois surprenantes ou embrouillées.

Reste que l'un des frères de BP est franc maçon et qu'il donnera sa Bible personnelle annotée à une loge australienne. Cela montre la compatibilité de la maçonnerie britannique et du scoutisme. Il est ainsi remarquable que Wikipédia en anglais décrivent sir Charles Warren comme un devout anglican ans enthousistic freemasson (un anglican dévot et un franc maçon enthousiaste).

Par ailleurs, des liens quasi institutionnels existent dans les pays anglo-saxons entre la maçonnerie et le scoutisme : il n'est pas rare que des adultes en uniforme scout et porteurs d'insignes maçons se rassemblent et il existe des associations internationales de liaison.

En France et en Belgique

Condamné dès l'origine, puis spécialement par une encyclique de Léon XIII (Humanum Genus) ainsi que par droit canon, le relativisme philosophique et moral de la Franc-Maçonnerie ne pouvait que paraître suspect dans son influence sur le scoutisme interconfessionnel.

Au début du XXe siècle et pour des raisons historiques et politiques, la maçonnerie apparait dans bien des pays catholiques comme une organisation secrète anti-cléricale. D'où des réactions d'hostilité extrêmement vives lorsque le scoutisme passe la Manche. Des militants anti-maçon comme en Belgique Valentin Brifaut s'y opposent vigoureusement. Mais dès 1912, les évêques belges vont favoriser la naissance d'un scoutisme catholique, et Valentin Brifaut deviendra même le premier président de la Fédération des scouts catholiques !

Le P. Georges de Hasque, un des futurs fondateurs du scoutisme catholique en Flandre, résumait ainsi la situation face au développement d'un scoutisme laïque en août 1911  :

« Je sais qu'un dignitaire très haut placé de l'Eglise le juge comme un champignon vénéneux poussé sur le fumier des Loges. Faut-il en cultiver une espèce non vénéneuse et comestible ? »

En France où la loi de 1905 a avivé les passions, les boy-scouts (neutres ou protestants) apparaissent comme une nouveauté franc-maçonne dirigée contre les œuvres du patronages et sociétés de gymnastiques catholiques, et il est donc condamnée avant la première guerre mondiale par la grande majorité des évêques[3]. L'attitude plus mesurée de Rome (bénédiction de St Pie X adressée dès 1913 aux Baden-Powell Belgian Boy-Scouts, création d'un scoutisme catholique en Italie) n'est pas suivie par la majorité des évêques français. Après guerre l'action du Père Sevin puis du chanoine Cornette permettront la création des Scouts de France.

Au sein des Eclaireurs de France, on retrouve plus tard des francs-maçons, comme Pierre Deschamps qui publia dans la chaîne d'Union en 1938 (puis en 1950 sous le pseudo Ben Hiram) une étude comparative des rites scouts et franc-maçons.

Liens externes


Notes et références


  1. Dictionnaire de la Franc-Maçonnerie, pp.1094-1095, Daniel Ligou, PUF, Paris.
  2. Le "louveteau" (lowton) en anglais désigne en maçonnerie britannique un enfant de maçon adopté par la loge car orphelin. Le Kim de Rudyard Kipling est ainsi adopté par la loge du régiment de son père mort.
  3. cf. http://www.riaumont.net/spip.php?article170