Bureau du comité directeur des éclaireuses et éclaireurs de France

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Statuts, missions et rôle du bureau[modifier]

Le bureau du Comité directeur des Éclaireuses, Éclaireurs de France est l’instance exécutive restreinte chargée de la gestion courante de l’association. D’après les statuts des EEDF, le Comité Directeur élit en son sein, au scrutin secret, un bureau comprenant « le ou la président(e), deux vice-président(e)s, le ou la trésorier(e), le ou la secrétaire et, le cas échéant, un(e) trésorier(e) adjoint(e) ». Le ou la président(e) représente légalement l’association et assure, entre autres, l’ordonnancement des dépenses. Le bureau organise les réunions du Comité Directeur et gère les affaires courantes et urgentes au quotidien, veillant à la mise en œuvre des décisions stratégiques adoptées par le Comité Directeur.

Le Comité directeur des EEDF (conseil d’administration) se compose de 20 membres élu(e)s par l’Assemblée générale pour un mandat de deux ans, renouvelable une fois. Conformément aux statuts, ces élections respectent des critères stricts de parité (autant de candidatures féminines que masculines). Les membres ainsi élu(e)s désignent ensuite le bureau en leur sein. Le ou la délégué(e) général(e) de l’association (poste salarié de direction) assiste également aux réunions du Comité Directeur avec voix consultative et est chargé, sous le contrôle du bureau et du comité, de mettre en œuvre au quotidien les orientations adoptées. Ce mode de gouvernance assure une direction collégiale : le bureau prépare et exécute les décisions, tandis que le Comité Directeur plus large valide les grandes orientations, contrôle la gestion (notamment financière) et peut créer des commissions ou groupes de travail spécifiques.

Composition actuelle du bureau (2025)[modifier]

Le bureau actuel des EEDF, élu après l’Assemblée générale de 2024, se compose de six membres bénévoles[1]:

  • Louise Pillet – Présidente de l’association (élu en 2024). Ancienne secrétaire du Comité directeur, elle est la quatrième femme à occuper la présidence des EEDF depuis la fondation​.
  • Nine Martin – Vice-Présidente. Elle partage la vice-présidence avec un homologue masculin, conformément à la tradition paritaire du mouvement​.
  • Esteban Handel – Vice-Président. Membre du Comité directeur depuis 2021, il a notamment été secrétaire adjoint lors du mandat précédent​[2].
  • Chloé Djadavjee – Secrétaire nationale. Elle est chargée de la bonne tenue des instances et du suivi administratif des décisions​.
  • Maëlle Tutundjian – Trésorière nationale. Responsable de la supervision financière de l’association, elle avait auparavant occupé un poste de membre du Comité Directeur en 2022​ et 2023[3].
  • Dominique Doucet – Trésorier adjoint. Il assiste la trésorière et assure la continuité de la gestion financière en son absence.

Chacun de ces membres est bénévole et issu des rangs de l’association. Le bureau actuel s’appuie sur leurs compétences variées (animation socio-éducative, gestion de projet, enseignement, etc.) et travaille en lien étroit avec le Délégué Général (directeur salarié) pour piloter le scoutisme laïque au niveau national.

Évolution historique et dirigeants notables du bureau[modifier]

Fondation des EEDF et premières années (1964-1974)[modifier]

L’association des EEDF est née en 1964 de la fusion de la Fédération Française des Éclaireuses (FFE, mouvement féminin) – pour sa branche laïque – avec les Éclaireurs de France (EDF, mouvement masculin laïque) et les Éclaireurs Français. À sa création, les EEDF se dotent d’une gouvernance unifiée : Fernande Chatagner en devient la première présidente, de 1964 à 1972[4]. Ancienne responsable de la section neutre de la FFE et maître de conférences en chimie au CNRS, Fernande Chatagner est ainsi la première femme à présider le scoutisme français mixte. Son mandat est marqué par les bouleversements de la fin des années 1960 : elle doit faire face à la « crise de 1968 » qui secoue la jeunesse et trouve un écho au sein du scoutisme laïque[5]. Sous sa présidence, les EEDF connaissent des débats internes intenses et ressortent fragilisés et divisés au début des années 1970.

En 1972, pour relancer le mouvement après cette période troublée, Pierre François est appelé à succéder à Fernande Chatagner à la présidence de l’association​[5]. Pierre François est un ancien commissaire général des Éclaireurs de France et ex-directeur de la division Jeunesse de l’UNESCO[6]. Son élection marque une tentative de redynamisation : dès son arrivée, il propose une large consultation de l’ensemble du mouvement, suivie d’“Assises” nationales destinées à définir de nouvelles orientations constructives[5]. Cette démarche participative vise à surmonter le malaise et les remises en question qui avaient émergé dans les années précédentes. Pierre François occupe la présidence jusqu’en 1974, menant à bien ce processus de refondation interne.

Michel Capestan lui succède brièvement de 1974 à 1975​. Son court mandat intervient en pleine mise en œuvre des réformes décidées lors des Assises de 1974. En 1975, la présidence est confiée à Antoine Sassine (1975-1977). Sous la direction de ce dernier, puis de Jean-René Kergomard (1977-1980), l’association cherche à consolider son fonctionnement après les changements structurels du début de la décennie. Jean-René Kergomard, enseignant de profession, préside le Comité Directeur durant trois ans. À ses côtés, Michel Claeyssen – un cadre issu de l’éducation nationale – occupe la vice-présidence de 1977 à 1980, témoignant de l’ancrage du mouvement dans le milieu éducatif. Cette fin des années 1970 voit les EEDF stabiliser leur organisation après une décennie de transition : les principes du scoutisme laïque sont réaffirmés et le mouvement trouve un nouvel équilibre entre tradition et innovation pédagogique.

Réorganisations dans les années 1980 et 1990[modifier]

Au début des années 1980, les EEDF poursuivent leur adaptation. Jacques Delobel est mentionné comme président à l’orée de la décennie (élu en 1980), bien que la durée exacte de son mandat ne soit pas clairement documentée dans les sources disponibles. C’est une période où le scoutisme laïque fait face à des effectifs en baisse et cherche à se moderniser pour attirer une nouvelle génération de jeunes. Vers le milieu de la décennie, en 1985, Henri-Pierre Debord prend la tête de l’association et la préside jusqu’en 1988. Ancien commissaire national, Henri-Pierre Debord s’emploie à doter les EEDF d’une image renouvelée – notamment par l’adoption d’un nouveau logo en 1989 – et à préparer le mouvement aux défis de la fin du XXe siècle.

Plusieurs changements de leadership ont lieu dans la fin des années 1980 et le début des années 1990. Jean-Claude Tranchand et Gilles Peyrard figurent parmi les présidents de cette période de transition (leurs mandats exacts se situant probablement entre 1988 et 1994, d’après les annuaires officiels)​. Ces transitions fréquentes traduisent une certaine instabilité, le mouvement cherchant la bonne formule pour son pilotage. Les EEDF renforcent parallèlement leur collaboration avec d’autres organisations d’éducation populaire et recentre ses activités sur ses fondamentaux éducatifs.

En 1994, l’Assemblée générale élit Jean Gariepuy à la présidence de l’association​. Jean Gariepuy est un cas particulier dans l’histoire des EEDF : formé initialement chez les Scouts de France (mouvement catholique) dans les années 1950, il avait ensuite rejoint les Éclaireurs de France laïques où il assuma diverses responsabilités (chef de groupe, commissaire régional). Vice-président des EEDF de 1994 à 1997, il en devient le président de 1997 à 1999. Enseignant de profession, Jean Gariepuy symbolise le rapprochement entre différents courants du scoutisme et apporte son expérience pédagogique. Son mandat est notamment marqué par l’ouverture du mouvement et la préparation du centenaire du scoutisme français.

En 1999, François Rage est élu président, jusqu’en 2002​. Militant issu de la région Auvergne, François Rage prend la tête de l’association dans un esprit de réforme : il organise de nouvelles “assises” du mouvement dès la fin des années 1990 pour réfléchir collectivement aux orientations à venir[7]. Sous sa présidence, les EEDF cherchent à enrayer l’érosion des effectifs et à mieux structurer leur activités.

Crises et renouveau dans les années 2000[modifier]

Le début des années 2000 est une période de changements rapides à la présidence des EEDF. Jean-Philippe Michard, vice-président sortant, accède à la présidence en 2002 et la conserve jusqu’en 2004. Ancien éclaireur ayant gravi les échelons du mouvement depuis les unités locales jusqu’au national, Jean-Philippe Michard incarne la continuité. Cependant, en 2003, à mi-mandat, il partage provisoirement la direction de l’association avec Claire Simon et Bruno Bisson, qui exercent une co-présidence intérimaire. Cette situation inédite – deux vice-présidents assurant ensemble la présidence – intervient à la suite de la vacance temporaire du poste de président. Claire Simon et Bruno Bisson dirigent conjointement le Comité Directeur jusqu’à l’Assemblée générale de 2004, où Bruno Bisson est confirmé comme président unique.

Bruno Bisson reste à la tête des Éclaireuses, Éclaireurs de France au milieu des années 2000 (son mandat s’étendant de 2004 à environ 2007) et poursuit le travail de redressement entrepris. Vers la fin de la décennie, les EEDF traversent toutefois une nouvelle phase de turbulences avec des mandats très brefs : Gilles Ybert assure la présidence jusqu’en 2008​, suivi de Jérôme Rigaud en 2008-2009. En 2009, peu avant l’assemblée générale, la présidence est même exercée par intérim par Vanessa Marie (ancienne commissaire nationale), à la suite d’une démission prématurée de Jérôme Rigaud. Vanessa Marie devient ainsi présidente par intérim pendant quelques mois en 2009 – première femme à occuper ce rôle depuis Fernande Chatagner, bien que temporairement.

Ces soubresauts conduisent le mouvement à rechercher une stabilité dans sa gouvernance. L’Assemblée générale de 2009 élit alors Yannick Daniel comme nouveau président pour un mandat de quatre ans (2009-2014)​. Yannick Daniel, responsable issu d’un groupe local des Côtes-d’Armor (Bretagne), apporte un souffle nouveau. Son mandat relativement long (cinq ans, reconduit une fois) contraste avec les changements rapides précédents. Il s’attache à moderniser l’image des Éclés (« Les Éclés » étant le surnom des membres des EEDF) et à consolider les effectifs. Sous sa présidence, l’association renouvelle son projet éducatif et fête son centenaire en 2011 (en se référant à la fondation des Éclaireurs de France en 1911). Yannick Daniel est entouré de Nadine Tetron et Mickaël Lissarre en tant que vice-président(e)s lors de la dernière partie de son mandat, formant une équipe dirigeante stable jusqu’en 2014.

Alternances récentes (2014 à nos jours)[modifier]

Depuis le milieu des années 2010, les EEDF ont instauré un rythme d’alternance plus régulier, avec des mandats de deux ans conformément à ses statuts, ce qui explique le renouvellement fréquent des responsables tout en assurant une rotation démocratique. En 2014, à la suite du départ de Yannick Daniel, Mickaël Lissarre – jusque-là vice-président – devient président pour un court mandat d’un an (2014-2015)​. Il travaille en binôme avec Nadine Tetron (ancienne vice-présidente) qui occupe alors un poste de co-présidence officieuse pendant la transition.

En 2015, l’Assemblée générale élit Isabelle Dhoyer à la présidence des EEDF​. C’est un moment marquant : Isabelle Dhoyer est la première femme depuis 43 ans à diriger le mouvement sur la durée (Fernande Chatagner ayant été la dernière en 1972). Son mandat de trois ans (2015-2018) est consacré au développement du scoutisme laïque dans de nouveaux territoires et au renforcement de la formation des cadres bénévoles. Sous sa présidence, l’association engage des actions de communication externes et noue des partenariats, tout en mettant l’accent sur la mixité sociale. En 2017, par exemple, Isabelle Dhoyer représente les EEDF lors de la signature d’une convention de partenariat avec d’autres associations du Scoutisme Français pour encourager l’éducation à la paix et la citoyenneté (initiative des Bâtisseurs de Paix).

Après le départ d’Isabelle Dhoyer en 2018, une succession rapide de présidences à durée limitée a lieu, reflétant le fonctionnement statutaire en mandats courts. Laurent Rivet est élu pour l’exercice 2018-2019​. Il est suivi par Pierre Esclafit en 2019-2020. Tous deux ne restent qu’une année, respectant la volonté d’impliquer de nouveaux bénévoles et peut-être en raison de la transition vers les mandats biennaux.

En 2020, l’Assemblée générale se tient dans le contexte particulier de la pandémie de Covid-19. Laurent Dolias est élu président de l’association​. Enseignant en histoire-géographie, Laurent Dolias est lui-même un produit du scoutisme laïque et a notamment été commissaire régional en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Son mandat (2020-2022) est marqué par la gestion de la crise sanitaire au sein du mouvement : il coordonne l’adaptation des activités scoutes aux restrictions sanitaires, tout en lançant un plan de relance du bénévolat post-pandémie[8]. Sous sa présidence, les EEDF participent également aux réflexions nationales sur la jeunesse et l’éducation populaire face aux défis contemporains (inclusion, transition écologique, etc.).

En 2022, Noëlie Henry devient présidente des Éclaireuses et Éclaireurs de France​. Âgée d’une trentaine d’années lors de son élection, Noëlie Henry incarne la jeune génération de dirigeants du scoutisme laïque. Infirmière de profession, son élection illustre le rajeunissement des instances dirigeantes. Durant son mandat de deux ans (2022-2024), Noëlie Henry met l’accent sur la relance des activités après la pandémie et sur les enjeux de transition écologique et d’égalité (lutte contre les discriminations) au sein du mouvement. Sous sa direction, les EEDF s’impliquent par exemple dans des campagnes pour la paix et la solidarité, et défend activement les valeurs laïques dans le débat public.

Enfin, après l’Assemblée générale de 2024, le Comité directeur a élu Louise Pillet à la présidence, ouvrant ainsi un nouveau chapitre. Ancienne secrétaire nationale, Louise Pillet apporte une continuité de l’action avec une équipe partiellement renouvelée. Le bureau 2024-2025 qu’elle dirige (présenté plus haut) poursuit les projets engagés tout en devant faire face à des défis budgétaires importants pour le secteur de l’éducation populaire en France​. Son élection confirme par ailleurs la place croissante des femmes aux plus hautes responsabilités des EEDF, aux côtés de bénévoles hommes, dans une gouvernance paritaire.


Notes et références


  1. EEDF, "Organigramme, une organisation au service de toutes et tous.", consulté sur www.eedf.fr le 07/04/2025.
  2. EEDF, Composition du CD 2023-2024, 2023.
  3. EEDF, Séance du Comité Directeur des 25 et 26 juin 2022, Election du bureau, 2022.
  4. AHSL, A l'origine du scoutisme féminin en France... La Fédération Française des Eclaireuses (F.F.E.), née en 1921, 2021
  5. 5,0 5,1 et 5,2 AHSL, "1972-1974 : les remises en question chez les E.E.D.F.", consulté sur www.histoire-du-scoutisme-laique.fr le 07/04/2025.
  6. Yves Agnès, "Le "grand remue-méninge" des Eclaireurs de France", Le Monde, 21 décembre 1972.
  7. AHSL, "François Rage, président en 1999. Quand la réflexion sur l'avenir se traduit par des Assises", 100 ans de laïcité dans le scoutisme et l'éducation populaire.
  8. AAEE, "Entretien avec Laurent Dolias président des E.E.D.F", Trait d'Union, avril 2021.