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Azimut

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L'azimut (parfois orthographié à l'anglaise, azimuth) désigne, en topographie, l'angle formé entre une direction et le nord magnétique. Habituellement, il s'agira donc de l'angle formé entre la direction qu'on suit ou qu'on veut suivre, et le nord magnétique, indiqué par l'aiguille de la boussole.

On peut relever un azimut, pour pouvoir indiquer la direction dans laquelle se situe un point de repère, ou suivre un azimut, lorsqu'on se dirige uniquement avec la boussole - on parle alors de marche à l'azimut.

Par extension, de façon humoristique, l'«azimut sanglier» désigne une direction qu'on suit en avancant tout droit, quels que soient les obstacles rencontrés.

Lorsque l’aiguille est alignée sur la flèche du cadran, la valeur d’angle (en degrés) indiquée sur la lunette rotative de la boussole indique le relèvement (angle de gisement) du sommet, c’est-à-dire le cap à suivre pour s’y rendre directement, par exemple s’il disparaissait de la vue.

Azimut et gisement

L'azimut ne doit pas être confondu avec le gisement, qui est l'angle formé entre une direction et le nord de la carte.

On ne relève donc pas directement un azimut sur une carte, mais un gisement, qu'il faut convertir en azimut.

Celà peut se faire grâce à la formule suivante :

A = G - DM
  • A est l'azimut
  • G est le gisement
  • DM est la déclinaison magnétique. Elle est indiquée sur la carte pour une année donnée, avec la variation annuelle. Pour obtenir la déclinaison magnétique pour l'année en cours, il faut donc additionner la déclinaison magnétique indiquée à la variation annuelle multipliée par la différence entre l'année indiquée sur la carte et l'année en cours :
    DM = DM’ + [var x (Aactuelle - Acarte)]
    • DM’ est la déclinaison magnétique indiquée sur la carte pour une année donnée (généralement, l'année de réalisation de la carte)
    • var est la variation annuelle de la déclinaison magnétique, indiquée sur la carte
    • Aactuelle est l'année actuelle
    • Acarte est l'année de la carte

Les données doivent être exprimées dans la même unité (généralement, en degrés).

Relever un azimut

Pour la réalisation de rapports, de croquis panoramiques, ou pour le repérage par triangulation, il peut être important de savoir relever un azimut, c'est à dire de savoir indiquer quel est l'angle entre le nord et la droite qui relie l'observateur à un point observé.

À la boussole

Technique de visée avec une boussole recta

La première étape est de définir le point duquel on veut relever l'azimut : s'il s'agit d'un point de repère bien défini (un arbre, un poteau, un bâtiment précis), ou d'une montagne (dont on prendra le sommet), c'est facile, mais ça n'est pas toujours le cas. Quand le point de repère est plus vague, comme un village, ou une zone du paysage, il faudra choisir un point remarquable au sein du repère donné : le clocher ou le château d'eau du village, une rivière ou une route qui coupe l'horizon, etc.

Une fois le point choisi, on pratique alors une visée azimutale : on utilise la boussole pour viser le point de repère, en s'aidant de la flèche. Cette opération est plus facile avec les boussoles pliantes (comme les célèbres Recta®) munies d'un viseur, voir d'un miroir ; pour les boussoles plates, il faut utiliser la flèche imprimée sur le plateau de la boussole. Ensuite, il faut faire tourner le cadran de la boussole de façon à ce que le nord du cadran coïncide avec le nord magnétique, indiqué par l'aiguille. Une fois que c'est fait, il n'y a plus qu'à lire l'azimut sur le cadran : il est en face de la flèche imprimée sur le plateau (ou le boîtier) de la boussole.

Bien entendu, s'il s'agit d'un relèvement destiné à effectuer un tracé sur une carte, il ne faudra pas oublier de le convertir en gisement (cf. ci-dessus, avec la formule inverse : G = A + DM).

Azimut brutal

Une autre méthode, nettement moins fiable, est utilisable lorsqu'on n'a besoin que de relever l'azimut d'un trajet que l'on est entrain de suivre : il suffit alors de marcher en ligne droite dans la direction en question, en lisant sur la boussole l'angle formé entre le nord magnétique et la direction qu'on suit.

Cette méthode ne peut fonctionner que pour de courtes distances en terrain dégagé, elle ne devrait être utilisé qu'en dépannage, lorsque la précision importe peu et qu'on est pressé. Elle demande par ailleurs une certaine attention, la lecture permanente et attentive du cadran de la boussole étant peu compatible avec la présence sur le chemin à suivre d'obstacles comme des souches, des trous ou des troncs d'arbre.

Suivre un azimut

Lors d'explorations ou de raids, il est fréquent que le trajet à suivre ne soit indiqué que sous la forme d'un azimut, qu'il faut alors suivre. On parle alors de marche à l'azimut.

La méthode de l'azimut brutal, qui consisterait à marcher le nez sur la boussole en s'assurant de garder constamment la bonne direction, selon le principe utilisé par les marins lorsqu'ils veulent suivre un cap, n'est ni pratique, ni fiable sur la terre ferme, qui n'est que très rarement aussi plate et dégagée que la mer. Aussi existe-t-il une méthode en trois étapes, beaucoup plus fiable et facile à mettre en œuvre :

Méthode

  • Tout d'abord, s'assurer qu'on est précisément au point de départ indiqué. Une erreur, même de quelques mètres, sera au mieux reportée tout au long du trajet, mais aura toutes les chances d'augmenter au fur et à mesure de la marche.
  • Ensuite, effectuer une visée azimutale à destination d'un point de repère :
    • Premièrement, on fait tourner le cadran de la boussole, pour que l'azimut à suivre soit bien aligné avec la flèche imprimée sur le plateau (ou le boîtier) de la boussole.
    • Deuxièmement, on utilise la boussole pour viser dans la direction souhaitée (en utilisant la flèche, ou le viseur dans le cas d'une boussole pliante), en prenant soin que l'aiguille de la boussole reste parfaitement alignée avec le nord du cadran.
    • Enfin, on note un point de repère situé le plus précisément possible dans la direction indiquée par la flèche du plateau/boîtier (l'azimut, donc).
  • Une fois que c'est fait, il n'y a plus qu'à gagner ce point de repère, et à recommencer l'opération jusqu'au point d'arrivée.

Remarques

Cette méthode implique toutefois qu'un certain nombre de précautions soient respectées ; faute de quoi, on peut introduire des erreurs qui, de peu significatives au début, augmenteront au fur et à mesure, pouvant mener très loin du point d'arrivée prévu !

Lorsque l'on prend la visée, il faut bien s'assurer que l'aiguille de la boussole est précisément alignée avec le nord du cadran. Plus on peut contrôler cet alignement, plus sûre sera la mesure prise. Les boussoles pliantes munies d'un miroir (comme les boussoles Recta®) sont hautement préférables aux autres pour cette tâche, car le miroir permet de contrôler l'alignement tout en utilisant le viseur de la boussole, ce qui est un gage de précision optimale.

Le choix du point de repère est également important. Bien entendu, on évitera les points de repères mobiles, comme une voiture (même garée), ou une vache dans un champ … Le point de repère doit être aisément repérable ; s'il n'est pas possible d'en choisir un qui se remarque de loin, il est cependant possible d'utiliser un point un peu moins visible, si on a pu noter à proximité immédiate un point plus visible (par exemple, on peut prendre une petite cabane peu visible, mais située bien dans l'axe de l'azimut, si elle est située à proximité d'un grand château d'eau ; on ira d'abord vers le château d'eau, puis de là, à la cabane).

Il ne faut pas hésiter à prendre un point de repère très éloigné du point où on se situe, tant qu'il est bien visible : il est souvent beaucoup plus rapide de suivre les chemins pour aller entre deux points, que de vouloir absolument progresser en ligne droite, avec de nombreux obstacles à contourner ou à franchir. Si on rencontre un tel obstacle, comme une voie ferrée, une autoroute, une rivière, ou une falaise, il faut ainsi prendre un point de repère situé à grande distance, et le gagner par des chemins normaux et sécurisés (ponts, etc).

A contrario, si on est dans un environnement où la visibilité est faible, comme une forêt, on prendra soin de choisir des points de repères peu éloignés les uns des autres, mais très remarquables. Rien ne ressemble plus à un arbre qu'un autre arbre … Dans un tel cas, on choisira donc un arbre facilement remarquable, par la couleur de son écorce, la taille de son tronc, la forme de ses branches, etc. Mieux vaut choisir des points de repères très proches, mais ne pas risquer de se tromper, que d'en choisir des plus éloignés, et de ne pas arriver à les retrouver.

Lorsqu'il n'y a aucun point de repère visible

Il peut arriver qu'on se trouve dans une situation où aucun point de repère n'est visible : soit qu'il n'y en ait pas, soit qu'on ne puisse pas les voir (de nuit, dans le brouillard …) Dans ce cas, il existe une méthode de secours, assez lente, mais qui présente l'avantage de permettre de continuer à suivre son azimut, quelles que soient les conditions.

Il s'agit d'utiliser un «point de repère mobile» : quelqu'un qu'on enverra dans la direction à suivre, tout en ayant un moyen de garder le contact avec lui. Cette personne progresse alors approximativement dans la direction de l'azimut, puis, au bout d'une distance convenue à l'avance, s'arrête et contacte celle qui tient la boussole. Celle-ci prend sa visée azimutale, et transmet au «point de repère mobile» des instructions pour qu'il se positionne exactement sur l'axe de l'azimut. Une fois ceci obtenu, il suffit de rejoindre le «point de repère mobile», qui ne doit pas bouger.

Avec cette méthode, il faut donc avoir un moyen de communiquer avec la personne envoyée en «point de repère mobile». Soit celle-ci doit rester à portée de voix, soit on conviendra de signaux lui indiquant comment rectifier sa position, soit on aura prévu de disposer de moyens de communication, comme des sifflets ou lampes pour communiquer en morse, des fanions pour le sémaphore, voire des appareils de radio ou des téléphones portables.


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