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Alexander Lion

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Alexander Lion
Alexander Lion (www.bdp-bayern-archiv.de)
Alexander Lion (www.bdp-bayern-archiv.de)
Co-fondateur du scoutisme allemand
15 décembre 1870 · 3 mars 1962

Fondateur

Fondateur.

Personnalité allemande

Allemagne.

Alexander Franz Anton Lion (1870-1962) est considéré comme le co-fondateur du scoutisme allemand avec Maximilian Bayer.

Biographie

Alexander Lion est né le 15 décembre 1870 à Berlin. Il est le 2e fils d'une famille juive de banquiers. Ses parents, Max Lion et Cäcilia Loeser, ont eu six enfants.

Entre 1876 et 1880, Alexander reçoit des cours particuliers à domicile, puis fréquente le lycée. A 16 ans, il quitte la communauté juive, vit ensuite sans religion et sera plus tard baptisé dans la religion catholique. Le 9 août 1888, à La Haye, il sauve la vie d'un jeune tombé à l'eau : il est décoré pour cela de la médaille de bronze dans l'Ordre d'Orange-Nassau le 5 août 1889. Il apprend le français au lycée et l'anglais grâce à des cours particuliers. Il étudie ensuite la médecine dans les universités de Würzburg, de Berlin et de Kiel, entre 1891 et 1896.

A Pâques 1893, il s'engage pour un an comme volontaire dans l'armée de terre bavaroise. De 1904 à 1906, il sert comme médecin militaire dans la colonie allemande du Sud-Ouest africain (soulèvement des Hereros en Namibie). Il y rencontre pour la première fois le Capitaine Maximilian Bayer, avec lequel il créera plus tard le scoutisme allemand, sans qu'ils deviennent amis à ce moment.

Les débuts du scoutisme allemand

Il découvre Robert Baden-Powell grâce à un article du journal anglais "Times" intitulé "Scouting as a sport", le 17 mars 1908. Une correspondance entre eux commence en août de la même année. Les premiers textes de Lion sur le scoutisme paraissent peu de temps après sous le titre "Koloniale Jugenderziehung" (éducation coloniale). En 1909, durant un voyage d'étude d'un mois en Angleterre, il rencontre Baden-Powell à Londres pendant trois jours. Celui-ci l'accueille dans le mouvement scout en lui remettant à cette occasion une fleur de lys. La même année, Alexander Lion publie avec Maximilian Bayer une adaptation allemande de Scouting for Boys sous le titre Pfadfinderbuch (à partir de 1911, les éditions suivantes s'intituleront Jungdeutschlands Pfadfinderbuch et constitueront moins une traduction qu'une déclinaison du boy-scout anglais en Pfadfinder allemand).

En février 1912, Bayer, Lion et von Seckendorff participent à la rédaction du Pfadfinderbuch für junge Mädchen (le livre de l'éclaireur pour les jeunes filles), publié par Élise von Hopffgarten. Dégagé de tout propos patriotique, le livre veut promouvoir une vie autonome des jeunes femmes.

Mais d'octobre à novembre 1912, Bayer, Lion et von Seckendorff subissent les attaques du général von Jacobi. Celui-ci reproche notamment à l'éditeur du Pfadfinderbuch le manque de patriotisme, de royalisme et de sentiment religieux. A cette occasion, il laisse même imprimer un tract antisémite qui exploitant les origines d'Alexander Lion. Von Jacobi parodie l'association de promotion du scoutisme Jugendsport in Feld und Wald (sport de la jeunesse) en Judensport in Wald und Feld (sport des Juifs) et qualifie le bienfaiteur du scoutisme, le consul général Baschwitz, d'homme juif vaniteux.

D'une guerre à l'autre

Au début de la Première Guerre mondiale, Alexander Lion est médecin-chef du 12e hôpital de campagne au 2e corps de l'armée royale bavaroise et il soigne les blessés sur le front. A l'automne, il reçoit la Croix de fer de 2e classe. A partir d'octobre 1915, on le trouve comme médecin-chef à la 3e compagnie médicale de la 2e division d'infanterie bavaroise. Il secourt les blessés sur les champs de bataille de Lens et de La Basse. Il est décoré pour cela de la croix du mérite bavaroise de 2e classe. Fin 1915, Alexander Lion est affecté aux troupes allemandes stationnées dans l'Empire ottoman, qui combattait avec la coalition des Empires centraux. Il y rencontre Colmar Freiherr von der Goltz, un grand bienfaiteur du scoutisme allemand et un soutien de Lion et de Bayer. En avril 1916, il participe à l'expédition turque contre le canal de Suez en tant que médecin du 1er corps expéditionnaire turc. Il recevra plus tard le Croissant de fer turc pour son engagement. Mais il attrape la dysenterie en août et quitte le front oriental à la fin de l'année pour retrouver sa famille à Munich. Il retourne sur le front turc en 1917, puis il est engagé en Roumanie sur le front de Transylvanie. Entre septembre et novembre, il participe à la guerre de position avec la division de cavalerie bavaroise qui se trouve en Bucovine. En décembre, après le cessez-le-feu sur le front roumain, il sert en France à Reims et dans la Somme. Secourant les blessés au mépris du danger, il reçoit la Croix de fer de 1re classe et la Croix de la valeur militaire bavaroise, de 3e classe avec épées. Il sert dans les Vosges à la 39e division de réserve lorsque la guerre s'achève.

En février 1919, il constitue une compagnie de volontaire à Dantzig à la tête de laquelle il participe au démantèlement de la Deuxième République des conseils de Bavière (Bayerische Räterepublik) au sein des corps francs commandés par Franz von Epp, en mai et juin. Après sa démobilisation en 1921, Lion travaille comme médecin de cure aux thermes de Oberhof (Thuringe). Il est alors inspecteur de la Croix-Rouge allemande du district de Gotha. De 1923 à 1926, il est un membre actif du Parti démocrate allemand (DDP).

Du 23 au 26 mai 1931, il participe au 6e camp fédéral du Bund der Reichspfadfinder (Fédération des éclaireurs de l'Empire) dans les ruines du château de Greene, près de Kreiensen. Avec le soutien de la Croix-Rouge de Kreiensen, il dirige des camps de formation aux premiers secours pour les scouts. Lors d'un accident dans le tunnel du Brandleite près d'Oberhof, Lion conduit les opérations de secours au péril de sa vie.

Sous le régime nazi

Ses droits civiques lui sont retirés en 1935, en application des lois raciales de Nurenberg selon lesquelles il est considéré comme Juif.

Même sous le Troisième Reich, Alexander Lion entretient des contacts avec ses amis scouts à l'étranger. Après l'Anschluss de l'Autriche, la Gestapo trouve à Vienne les lettres qu'il a écrites à Emmerich Teuber. Malgré la demande d'Alexander Lion de les détruire immédiatement, Emmerich Teuber avait conservé ces documents accablants qui mettaient en garde contre les jeunesses hitlériennes. Cette découverte entraîne une vague d'arrestation parmi les scouts.

Alexander Lion est arrêté par la Gestapo le 2 novembre 1938 à Schwarzlack/Brannenburg am Inn et, après de longs interrogatoires, conduit au quartier général de la Gestapo à Berlin, le 19 novembre. De là, il est va en détention préventive à Berlin-Moabit en février 1939, puis il est transféré en mai à Neudeck près de Munich. C'est là qu'il est jugé devant une cour spéciale, de même qu'Emmerich Teuber et le partisan H. Prohaska. Par une défense habile, son avocat obtient une peine de détention de 10 mois seulement, pour trahison.

Il vit retiré à Kolbermoor (Bavière) depuis 1939, lorsqu'il est dénoncé en 1942 par un sympathisant du parti nazi sur la base de fausses déclarations. Il est alors conduit en sécurité par le maire de Kolbermoor en personne. Celui-ci, étant membre du parti nazi, avait appris qu'un commando des SA approchait et "voulait enlever un Juif". Richard, le frère d'Alexander, et sa femme Béatrice meurent dans le camp de concentration de Bergen-Belsen en avril 1944.

Après-guerre

Juste après la Deuxième Guerre mondiale, de l'été 1945 jusqu'au 15 octobre 1949, Alexander Lion dirige l'office de la jeunesse du district de Bad Aibling (Bavière). De là, il participe à la création de la Fédération du scoutisme allemand (Bund Deutscher Pfadfinder, BDP), dont il est nommé président d'honneur en octobre 1948.

Il devient le moteur de la reconstruction du mouvement scout, d'abord en Bavière, mais aussi dans toute l'Allemagne de l'Ouest. Grâce à lui se tient le premier camp scout de l'après-guerre du 8 au 10 juin 1946, dans la vallée de l'Isar, près de Munich. En juillet et août, un camp à Chiemsee rassemble des groupes de Munich, de Cologne et de Hesse. La Fédération du scoutisme allemand (Bund Deutscher Pfadfinder ) en Bavière, avec Alexander Lion comme président d'honneur. Radio Munich diffuse une conférence de Lion sur le scoutisme, le 16 octobre 1946.

La même année, il est reconnu victime du régime nazi. Entre 1946 et 1948, il est membre de la juridiction chargée de la dénazification à Bad Aibling.

Le 18 avril 1947, il est nommé membre d'honneur de la Fédération scoute autrichienne (Österreichischen Pfadfinderbund), nouvellement créée.

En août 1951, il participe au 7e jamboree mondial de Bad Ischl en Autriche. Le 15 décembre de la même année, le commissaire fédéral de la BDP, Kajus Roller, lui remet le Rautenlilie d'or ("lys au losange").

En 1961, il s'implique dans les nombreux courriers et discussions pour unifier le BDP avec le nouveau Deutsche Pfadfinderbund.

Alexander Lion meurt le 3 mars 1962 au château d'Elmischwang, à Schwabmünchen. Il est enterré dans le cimetière de Fischach (Bavière).

Liens et sources