École des Roches

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L'École des Roches est fondée en 1899 par Edmond Demolins près de Verneuil-sur-Avre (Eure) dans un esprit s'inspirant des institutions scolaires britanniques : il y a des chefs de maison, des capitaines, le sport et la nature y sont favorisés. Les Roches se veulent une École Nouvelle pour les élites nouvelles, dans le cadre de la mouvance pédagogique de l'«éducation nouvelle».


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De même les couples de "chefs de maison" préfigurent les couples de chefs de groupe, caractéristique du scoutisme.

C'est une institution non confessionnelle mais religieuse[1], libre et destinée en fait aux milieux fortunés. D'esprit "républicain", proche du christianisme social et d'esprit anglophile, les Roches s'intéressent très vite aux expériences de Baden-Powell.

Dès 1911, le directeur de l'école Georges Bertier, secondé par Henri Marty, fonde une troupe d'éclaireurs au sein de l'établissement et lui-même jouera très vite un rôle moteur chez les Éclaireurs de France première manière tandis qu'Henri Bonnamaux qui y fut professeur est l'un des fondateurs des Éclaireurs unionistes de France, de même Gustave Monod qui sera EDF. Les éclés "rocheux" sont parfois considérés comme l'unité-laboratoire du scoutisme EDF : en 1919 le directeur adjoint de l’École est Henri Marty, commissaire à l'international des EDF tandis qu'Emile Guillen sera secrétaire général de l'École des Roches de 1924 à 1927. A cette époque sur 300 élèves 90 sont éclés et le parc accueille plusieurs troupes scoutes pour Pâques et l'été! Bertier y est lui commissaire local. Claude Carcopino, neveu par alliance de Bertier, y fut également éclaireur.

Les troupes "rocheuses" se nomment Roches, Mississipi etc tandis que Jacques Olivier Grandjouan dirige les meutes. Voici ce qu'écrit en 1922 la revue de l’École :

« L'analogue du capitaine, dans ces libres organisations d'enfants, c'est le chef de patrouille et le chef de troupe du scoutisme.

Ce que le scoutisme peut obtenir du simple éclaireur comme effort de travail, d'action et d'initiative est déjà merveilleux : savoir faire la cuisine, organiser une tente, former les noeuds les plus compliqués, connaître les merveilles du ciel et celles de la terre : plantes et animaux, savoir s'orienter sans boussole, Lire une carte et préparer une longue course, tout cela exige déjà une série d'efforts répétés qui préparent à l'action.

Mais que dirons-nous de ce petit bout d'homme de treize ou quatorze ans qui obtient ce travail complexe de ses petits camarades de même âge ou presque, qu'il ne voit qu'une fois, deux fois ou plus par semaine, et qui ont chacun sur lui telle ou telle supériorité?

Dans toute sortie, il est responsable de sa patrouille ; dans tout exercice, il faut qu'il veille à la propreté minutieuse de ses éclaireurs, à l'ordre, à la bonne tenue, au bon esprit ? et Dieu sait si certaines patrouilles manquent d'homogénéité et, pour tout dire, d'éducation!

Dans un camp, il est chef de tente, chef de cuisine, créateur de vie et d'intérêt, animateur et ordonnateur. »

En 1944, le nouveau directeur, Louis Garrone, pourtant gendre de Bertier, est moins convaincu de la pédagogie scoute mais les morts prématurées d'importantes personnalités d'Henri Marty et de Michel Froissart jouent peut-être un rôle dans ce moindre intérêt. Néanmoins il y aura longtemps un groupe scout rocheux.

L'école des Roches existe encore aujourd'hui ; c'est désormais un pensionnat mixte haut-de-gamme proposant de nombreuses activités extrascolaires aux élèves, dont nombre sont étrangers.



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Site internet

Liens

  • Nathalie Duval , Le capitanat de l’École des Roches : un vivier pour les chefs éclaireurs (1918-1940).

Notes et références


  1. Il y a des aumôniers catholiques et protestants, la messe du dimanche ou le culte seront longtemps obligatoires.