La Maison pour Tous

La Maison pour Tous

La Mouffe
La Mouffe

BP head.svg Lieu historique
Flag of France.svg Lieu situé en France

au 76 de la rue Mouffetard, Paris 5ème
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48° 50' 33", 2° 20' 59"

La "Maison pour Tous", dite "La Mouffe" au 76 de la rue Mouffetard, à Paris dans le 5ème arrondissement, est lieu historique pour le scoutisme EDF et FFE, mais également pour l'essor de l'éducation populaire en France.

Sommaire

Historique

Les débuts

Catherine Descroix, ayant abandonné ses études en 1906, décide, de se consacrer à ce quartier de la rive gauche. Elle crée l’association «Chez Nous», affilié au «Sillon», fondé par Marc Sangnier. avec les sœurs Levasseur, « Mère Louve » et « Tante Guitte ». Elles installent un magasin rue de l’Épée de Bois et animent, en particulier, un «service du relogement ouvrier». Elles sont aidées par André Lefèvre (Vieux Castor) qui loue une baraque rue Gracieuse et crée un cercle d’études.

En 1919, André Lefèvre découvre un local plus vaste mieux adapté au 76 de la rue Mouffetard. Ce local avait servi de siège pour différents syndicats et pour une "Université Populaire" où des conférences étaient organisées avec des personalités telles que Charles Péguy, Lucien Herr, Léon Bloy, Jean Jaurès, Trotski ou Lénine et le chanteur vedette Montéhus qui assurait les ouvertures.

Les objectifs étaient d'abord le besoin de se rendre utile, le volonté de faire quelque chose ensemble, la conviction que c’est dans l’action commune locale, que des liens ainsi forts et fraternels pourront se créer. Un cinéma pour enfants y est ouvert par André Lefèvre qui commence aussi à s’intéresser au scoutisme. Les activités sont ouvertes à tous. Catherine Descroix, par contre, souhaite, que l’esprit des débuts reste présent. C’est alors, en 1922, que débute l’association «La Maison pour Tous ».

C'est d'abord une « Maison des gosses » qui accueille les enfants du quartier et leur propose toutes sortes d'activités. Le scoutisme s'y prête bien. En plus de Vieux Castor (EDF) et de mère Louve, Marguerite Walther et Renée Sainte-Claire Deville (FFE) développent la branche féminine.

Pour répondre à des besoins croissants une colonie de vacances est crée à Montmartin sur Mer dans la Manche, un centre de vacances pour les plus grands aux Chalmieux en Savoie , et un centre de vacances sportives pour ados et adultes à Sète dans l’Hérault…

La Maison pour Tous est reconnue d'Utilité Publique par Décret du 2 juillet 1930.

Lieu de culture

De nombreuses activités culturelles et sociales des conférences y sont organisées : cinéma, bibliothèque, sorties appelées "caravanes", groupe choral et musical, restaurant, bar "antialcoolique", colonies de vacances en province, gestion d'une "caisse de solidarité et des loyers" pour les familles défavorisées du Vè arrondissement de Paris.

Document décrivant le rôle d'association d'éducation populaire de la Mouffe

Pendant la seconde guerre mondiale, la Mouffe reste très active malgré des convocations par la Gestapo pour activités interdites - notamment celles des Eclaireurs de France que la maison couvre - et la disparition en déportation de Mademoiselle Cahen, chargée de l’alimentation des enfants.

Après la guerre la Mouffe évolue et prend encore de l'ampleur. De nombreux comédiens, cinéastes, plasticiens, musiciens, chanteurs, poètes, y feront leurs premiers pas : Raymond Rouleau, Raymond Devos,..., sans compter parmi les plus grands intellectuels du moment, Jean Paul Sartre et Simone de Beauvoir, qui viendront y parler philosophie, politique, littérature et condition féminine.

À titre de témoignages Marguerite Duras disait en 1983[1] :

« C’est vrai, la disparition du Mouffetard , c’est grave, oui c’est grave ; c’était une institution aux portes ouvertes. (…) Ils auront beau faire des grands théâtres, une Bastille Populaire par exemple, ça n’aura jamais la même valeur pour la population… »

Ariane Mnouchkine, également en 1983, qui a créé à la Mouff son premier spectacle :

« Bien sûr, ce n’était pas un vrai théâtre ; mais de toute façon, moi je ne savais pas encore ce qu’était un vrai théâtre. Et j’allais découvrir que, probablement, je ne voulais pas d’un vrai théâtre… (…) Et je me dis même que probablement, il n’y a plus de lieux comme cela, c’est-à-dire des petits lieux sauvages, où pendant les moments où on y est on se sent chez soi, où on est libre… »

la Maison pour Tous était un lieu de réflexion, de recherche et d’expérimentation.

Origine des MJC

La Maison pour tous de la rue Mouffetard a rapidement et volontairement associé catholiques et protestants, israélites et laïques, ce qui l'a amené à rompre avec le catholicisme militant du Sillon que Catherine Descroix voulait - contre tous - réimposer[2].

Cette première rupture a annoncé l’esprit de laïcité ouverte active qui fondera plus tard la démarche éducative originale des Maisons des Jeunes et de la Culture : ouverture à tous quels que soient l’origine sociale et le niveau d’instruction, refus d’être inféodé à un quelconque parti ou confession, confrontation de toutes les opinions sans crainte du conflit mais dans les respects de l’autre et des règles du débat démocratique.

C’est surtout après la Libération et avec l’arrivée de Georges Bibille ("Bill") que la Mouffe rattachée à la République des Jeunes puis à la Fédération Française des MJC, prendra une ampleur culturelle considérable, tout en gardant sa dimension de structure de jeunesse et d’éducation populaire.


Liens externes

  1. http://www.histoire-du-scoutisme-laique.fr/le-mouvement-et-leducation-populaire/41-la-saga-de-la-maison-pour-tous.html
  2. http://www.60ansdesmjc.fr/spip.php?article16%20site%20sur%20la%20fondation%20des%20MJC