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Bureau Inter-Fédéral

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Bureau Inter-Fédéral

Bureau Inter-Fédéral


Fondation : 12 mars 1923
Disparition : 1941
Fondateurs : EDF, EU et SDF.
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Créé en 1923 le Bureau Inter-Fédéral du scoutisme (BIF) représentait les Éclaireurs de France, les Éclaireurs Unionistes et les Scouts de France. Il sera remplacé en 1941 par le Scoutisme Français.


Création du Bureau Inter-Fédéral

Conformément aux décisions prises lors de la Conférence de Paris de 1922 qui crée une "internationale scoute", chaque pays se dote d'une structure unique facilitant et favorisant la communication et les échanges entre le Bureau Mondial situé à Londres et les organisations scoutes nationales.

En grande partie grâce à l’action du Comité américain pour les régions dévastées[1] (CARD), le Bureau Inter-Fédéral, ou BIF, sera créé en France le 12 mars 1923. Il réunit alors les représentants des Éclaireurs de France, des Éclaireurs Unionistes et des Scouts de France, les mouvements masculins français. Chaque mouvement dispose de trois délégués et le siège n'est pas encore fixe.Son secrétaire général de 1923 à 1936 est Henri Guerreau, ancien secrétaire général du CARD.

En fait le CARD avait mis en place dès avant le BIF un comité de direction des camps-école qui comprenait 2 représentants de chacun des 3 mouvements masculins, un representant du CARD (Lorne W Barclay) et trois membres du CARD. L'influence américaine y était donc importante.


Cependant, Le BIF qui précéda la création du Scoutisme Français (1940) n'était pas une fédération, mais plutôt un interlocuteur informel pour les pouvoirs publics.

« Il existe à titre d'essai un bureau inter-fédéral qui a pour objet principal de faciliter certaines démarches à faire auprès des administrations publiques ; ce bureau n'a aucun pouvoir sur les Associations qui ont adhéré et que distinguent non seulement des insignes, mais aussi un recrutement et un esprit tout à fait différents. »

Le Chef juillet-août 1924 p.8

Admission des Éclaireurs Israélites de France

A la différence des Éclaireuses Israélites admises dès 1927 au sein de la Fédération Française des Éclaireuses avec la création de la section I (pour Israélite), l'admission des Éclaireurs Israélites de France sera refusée par deux fois par le Bureau inter-fédéral : en 1928, puis en 1937.

En 1928, les mouvements existants s'opposent à la multiplication de mouvements scouts et considèrent que l'association neutre des Éclaireurs de France est à même d'accueillir les groupes Éclaireurs Israélites de France en son sein. La création d'un badge sioniste par les Éclaireurs Israélites de France a sans doute joué un rôle dans ce refus.

En 1937, l'affiliation échoue suite à de nouvelles exigences posées in extremis par le BIF : réduction de l'action sioniste des Éclaireurs Israélites de France, limitation du nombre d'étrangers dans les groupes Éclaireurs Israélites de France et affiliation des groupes Éclaireurs Israélites de France d'Afrique du Nord aux Éclaireurs de France.

Il faudra deux années supplémentaires de négociations pour aboutir à l'entrée officielle des Éclaireurs Israélites de France au BIF le 30 mars 1939, soit plus de dix ans après leur première demande.


Il est important de souligner que la non-reconnaissance des Éclaireurs Israélites de France par le BIF n'empêchait pas les activités avec les mouvements scouts reconnus. Quelques exemples :

Fonctionnement

Le Maréchal Lyautey fut président d'honneur du BIF dés 1927 et jusqu'en 1934[1]. Son secrétaire général fut de 1923 à 1937 Henri Guerreau, son successeur est André Basdevant. Au milieu des années 1930 Brigitte Rabut (épouse de Thuy (1915-2004)), une membre des Scouts de France bilingue français-anglais est chargée du secrétariat international, c'est une ancienne assistante des Troupes du cardinal puis cheftaine louveteaux sur le plateau de Vanves.

Il y avait une réunion plénière par trimestre comprenant trois dirigeants des associations fondatrices et un représentant, à partir de 1937 ou 1938, des associations affiliées ou en cours d'affiliation : EIF et scouts indochinois mais la question des scouts musulmans restait sans solution. Entretemps se tenaient à un niveau moins relevé chaque semaine des "petits BIF" expédiant les affaires courantes. André Basdevant, secrétaire général de 1936 à 1940, avait entre autres missions, celle délicate, d'apaiser les tensions entre Éclaireurs de France et Scouts de France.

En 1929, le BIF a son siège 5 rue Victor Massé à Paris 9°. En 1930 il est Bd Labourdonnais.

Le BIF avait adopté des "textes inter-fédéraux" : adaptation au scoutisme de la législation d'état et des décisions du scoutisme international, essai de normalisation de la progression personnelle (classes), jamboree. De même les questions du scoutisme colonial étaient évoquées. La question des troupes étrangères basées en France était de sa compétence mais donnait lieu à des tension, ainsi avec le ZHP. Certaines villes ou départements avaient une commission locale inter fédérale.

Le pendant féminin du BIF était le Comité de liaison. Ces deux organismes donnèrent naissance en 1940 au Scoutisme Français mais dès 1938 les filles paraissent prendre part aux réunions du BIF. '

Activités[2]

Il y eut quelques réalisations inter-fédérales comme des troupes dans des lycées militaires, un clan à Saint Cyr, des unités en Indochine mais surtout les jamborees régionaux étaient organisés au plan inter-fédéral. De même, certains clans de routiers "scouts de l'air" étaient inter-fédéraux (Lyon). C'est au nom du BIF qu'étaient délivrées des cartes de réduction pour les voyages en groupe.

L'envoi des délégations aux jamborees, Rovermoots etc étaient également du ressort du BIF,voir ainsi l'articulation du QG inter-fédéral pour le Jamboree de 1933.

En 1934 le Bureau interfédéral du scoutisme français organisa une conférence internationale sur le scoutisme colonial, rassemblant des délégations scoutes de pays colonisateurs France, Grande Bretagne, Belgique, Portugal. La réunion fut présidée par le Maréchal Lyautey. Enfin il organisa en 1937 le Pavillon du Scoutisme à l'Exposition internationale de Paris.

En 1939, il coordonna la participation des éclaireurs de plus de 14 ans et des routiers aux travaux agricoles suite à la mobilisation générale.

Fin du BIF

Extraits du journal tenu par le pasteur André-Numa Bertrand, resté à Paris, et qui exerce alors la présidente tournante du BIF alors que beaucoup des membres du bureau sont repliés à Vichy.

« Vendredi 19 juillet (1940). Ce soir après dîner, réunion d'une réduction du petit BIF. Très curieux de voir les attitudes diverses : les EDF déconcertés par la chute du régime qui les poussait. Ils se demandent ce qu'ils feront ; et comme ils s'écroulent si l'Etat ne les soutient pas, ils abandonnent d'ores et déjà la partie dans la zone occupée : on n'y fera pas de scoutisme EDF. Faiblesse de leur idéologie laïque (...) Les catholiques beaucoup plus fermes. SDF et surtout Guides bien décidés à aller de l'avant : avec les Allemands, il faut être là ; donc montrons-nous. Nous faisons des sorties, nous affirmons notre présence. C'est d'ailleurs la bonne politique si le Gouvernement veut mettre la main sur la jeunesse. Surpris et heureux d'entendre dire aux Guides : il faut demander tous les jours la victoire de l'Angleterre ! Heureux aussi de les voir cabrés d'avance contre la mainmise sur la jeunesse d'un gouvernement qui doit cependant leur plaire. Ce sont des gens qui voient loin : après ce gouvernement il y en aura d'autres, on ne sait lesquels... Ce qui les préoccupe ce n'est pas l'avenir du scoutisme, c'est la possibilité d'avoir des groupements confessionnels. Je remarque avec un petit brin de malice, que nous sommes au BIF, où les questions confessionnelles n'intéressent pas tout le monde. Mais pour eux c'est la grande question, et on voit bien que c'est la préoccupation catholique et non la préoccupation scoute qui les guide. Il est question à plusieurs reprises de l'aumônier général ; je demande : « Et votre Président ? » Mais le président ne vient que bien après l'aumônier. Les Eclaireuses très « allantes » ; préoccupées de leur section I (Israélite). « Si on brime les EI, nous ne sommes pas disposées à les laisser tomber. » Je leur conseille de dire à leurs camarades israélites d'être prudentes, non pour ne pas compromettre la FFE, mais pour ne pas compromettre leurs familles et elles-mêmes.

J'expose ensuite l'attitude EU, les consignes que j'ai données autorisation aux chefs et cheftaines, défense aux enfants de sortir en tenue. La « fraternité » des Jeunesses hitlériennes plus à redouter que leur hostilité. Déjà les chefs ont été accostés ; salut hitlérien, main tendue, « camarade ». Ils ont rendu le salut, n'ont pas pris la main tendue et refusé l'épithète « camarade ». Je ne veux pas exposer des enfants à des histoires de ce genre ; c'est déjà assez que des chefs aient à se défendre contre des fraternisations indésirables, soit en elles-mêmes, soit devant l'opinion publique. D'accord pour nous manifester : mais les Allemands nous demandent des collaborations ? nous offrent un encadrement ? Quid ? Le mieux serait d'organiser fortement notre action sociale.

Il est convenu que si je peux en toucher un mot à M. Léon Noël, je demanderai jusqu'à quel point nous serions protégés par l'administration française, et je tâcherai de savoir ce qu'il y a derrière l'institution d'un « ministère de la jeunesse » : scoutisme unifié, national et obligatoire ? ou pouvons-nous continuer à être? »

« Mercredi 24 juillet (1940] Ce soir petit BIF Les EDF de plus en plus « marchands d'inconvénients ». Tout est dangereux, tout est sujet à récriminations, des bâtons dans toutes les roues, politique de l'absence. Je me range carrément du côté des SDF et souvent eux, et surtout les Guides, sont de mon avis. Aussi devant cette inertie des EDF je me méfie de leur projet de transformer le BIF en un organe beaucoup plus actif, vrai organe de direction ; et ils proposent de le réunir... à Vichy.

... Les EDF ne veulent rien savoir, parce qu'ils ont peur d'être entraînés vers un organisme d'Etat (curieux, car jusqu'ici ils étaient l'organisation quasi officielle de l'école laïque ! ) ; les SDF disent : « C'est notre intérêt de mettre la marque scout (sous-entendu et catholique) sur le plus grand nombre possible de garçon. »  »

« Lundi 12 août. (...) Assez surpris d'apprendre qu'à Vichy on a tout bousculé (au point de vue scoutisme). Effort pour m'abstraire des préoccupations de personnes ; impossible de ne pas avoir un peu d'amertume à constater que tout s'est passé exactement comme si je n'existais pas. Président du mouvement, je n'ai été consulté sur rien ni même mis au courant de rien ; président du BIF j'apprends indirectement que le BIF a été transporté à Vichy, et qu'on a offert la présidence au Général Lafont : - « Et Paris ? A Paris on pourra avoir une succursale du BIF, mais subordonnée à celui de Vichy. - Et qui a décidé ça ? - Ceux qui étaient à Vichy. - Et si ceux qui sont à Paris décidaient le contraire, qu'est-ce qui arriverait ? » Jousselin visiblement interloqué par cette question. »

En fait suite au camp de l'Oradou, les autres dirigeants des mouvements scouts à Vichy ont décidé la création d'une fédération, à la fois proche de l'esprit du nouveau régime mais hostile au idées de mouvement de jeunesse unique.

Le 1er octobre 1940, le BIF laisse donc la place au Scoutisme Français (dépôt des statuts le 24 décembre 1940, n° 871, à la sous-préfecture de La Palisse (Allier)). La Fédération " Scoutisme Français" est le premier mouvement de jeunesse agréé par le Secrétariat National de la Jeunesse, le 24 juillet 1941.

Bibliographie

  • Admission des Éclaireurs Israélites de France au BIF (page 52 et suivantes - page 79 et suivantes) dans Scouts, Juifs et Français : l'histoire des E.I. de 1923 aux années 80, par Alain Michel, Éditions Elkana, Jérusalem - (ISBN 965-90579-0-3).

Notes et références